Action internationale


L’Union européenne, sous présidence grecque…


Au 1er janvier 2014 et pour six mois, dans le cadre de la présidence tournante, la Grèce va présider l’Union européenne. À cette occasion, Georges Dassis, militant syndical très actif durant la dictature des colonels de 1967 à 1974, et actuel président du groupe des syndicalistes au Comité économique et social européen, analyse la situation en Grèce et en Europe.

Où en est la situation économique, sociale et financière de la Grèce ?

Depuis la fin de la dictature, en 1974, les Grecs ont été résolument favorables à l’adhésion à la Communauté européenne, perçue avant tout comme une garantie de démocratie. Après 1981 (année d’adhésion de la Grèce à l’Union européenne), celle-ci a progressé sur le plan social, même si elle n’a pas su profiter pleinement des fonds structurels et qu’elle a perdu un grand nombre de petites entreprises.

La dégradation a commencé entre 2004 et 2009. Elle a été camouflée par une accélération inouïe de l’endettement du pays, couplée à un gonflement de l’administration publique et à un endettement irréfléchi des ménages. La faillite a été évitée par un premier prêt du FMI et des pays de l’Union, avec un taux d’intérêt de 3 % pour le FMI et de 5 % pour les pays partenaires, certains pays de l’Union réalisant donc, en fait, une belle opération commerciale.

À coups de mesures d’austérité imposées par la troïka (FMI, BCE, UE), le déficit budgétaire est passé de 13 % à moins de 4 %. Mais les conséquences sociales de ce sauvetage et des mémorandums de 2011 et 2012 ont été désastreuses. Le nombre des chômeurs a été multiplié par trois, pour atteindre 1 500 000 personnes. Les retraités ont subi des pertes allant de 10 % à 40 %. Les conventions collectives ont été abolies. Et ceux qui ont encore un emploi ont subi des diminutions de salaire de l’ordre de 25 %. Le « sauvetage » a été synonyme d’appauvrissement généralisé de la population.

Autre conséquence gravissime : pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, un groupuscule nazi a obtenu 6,9 % aux élections de mai 2012. Jusqu’à l’assassinat d’un jeune chanteur par un membre de ce parti nazi, les sondages lui donnaient 14 %. Actuellement, le chiffre va de 5 à 10 %.

La Grèce va assumer la présidence de l’Union européenne du 1er janvier au 30 juin 2014. Qu’attends-tu de cette présidence ?

Son seul « pouvoir » consiste à établir l’ordre du jour des réunions, c’est-à-dire à soumettre au débat les thèmes qu’elle considère comme importants. L’immigration, les transports maritimes et la lutte contre le chômage des jeunes figurent parmi les priorités de la présidence grecque.

La croissance en Europe ne viendra pas par la généralisation des plans d’austérité et l’appauvrissement de la population. La mise en place de vraies politiques européennes (industrie, commerce extérieur, défense, recherche, développement et fiscalité), l’élévation des investissements à 2 % du PIB et la mutualisation de certaines dépenses permettront à l’Europe de sortir de la crise et d’affronter la concurrence.

À la veille des élections au Parlement européen, comment les citoyens grecs abordent-ils cette échéance démocratique européenne ?

Ils vont aller voter d’autant plus que les élections municipales se feront conjointement. Mais l’enthousiasme pour l’Europe unie, c’est fini. La majorité des citoyens ne remet pas en cause l’appartenance à l’Union européenne et à la zone euro, mais elle n’empêchera probablement pas l’arrivée au Parlement européen de représentants de l’extrême droite.

Propos recueillis par Jean-Pierre Bobichon

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JPB