Actu revendicative


L’Union fédérale des retraités de la formation et de l’enseignement privé


C'est l'histoire des retraités dans une profession qui nous est contée. Si tous les retraités ont des revendications communes, certains veillent à leurs particularités. Ainsi, que de chemin parcouru par les enseignants du privé payés par l'employeur puis passés contractuels de l'État et devenus à présent des agents publics de l'État.

C’est en 1980 que la fédération de l’Enseignement privé accueille ses premiers adhérents qui, ayant cessé leur activité professionnelle, souhaitent prendre leur place, en tant que retraités, dans la CFDT et dans la FEP. Ils étaient 24 issus de 5 départements.

Ces premiers camarades, pour la plupart, avaient été membres du conseil fédéral ou responsables de syndicats et souhaitent se concerter avec d’autres retraités. Très vite il semble nécessaire de maintenir un lien avec le syndicat d’origine et de demander aux régions de désigner un militant pour les représenter. Dès 1997, pour donner plus de légitimité, le groupe de travail « retraités » est élu par le conseil fédéral.

Dès lors s’est posée la question : faut-il que les retraités restent dans leur fédération d’origine ? Les retraités de toutes les professions n’ont-ils pas les mêmes problèmes ? En 1980, estimant la mise en route trop lente au plan fédéral, des retraités font le choix d’adhérer directement à la structure interprofessionnelle (Udir à l’époque).

La période du Retrep

Néanmoins, sans faire partie des régimes spéciaux, le Retrep (Régime temporaire de retraite de l’enseignement privé) est un régime transitoire qui ne concerne que notre branche. C’est pour cela qu’en 1987 le conseil fédéral vote le maintien des retraités dans la FEP sans pour autant que le groupe de travail renonce à faire comprendre, patiemment, la nécessité, d’une part, de rester attaché à la FEP, d’autre part de s’intégrer dans les structures interprofessionnelles (ULR, UTR) où les retraités peuvent apporter et aussi recevoir.

Au fil des ans et des départs nombreux en retraite des militants, le groupe s’étoffe et s’organise dans la FEP, compte tenu de la spécificité de notre profession, des acquis mais aussi des nombreux problèmes à résoudre. En octobre 2003 se tient une assemblée constitutive : l’Union fédérale de retraités (UFR) est née de ses 1 100 adhérents et grâce au protocole d’accord signé entre la confédération, l’UCR et la FEP.

Alors, pourquoi une UFR ? La raison immédiate est que l’adhésion à une SSR permet un passage vers notre nouveau champ d’action, sans rupture syndicale, donc plus aisé, sans abandonner nos problèmes spécifiques. Il ne faut pas sous-estimer non plus le fait qu’il est agréable de se retrouver entre camarades qui ont œuvré ensemble pendant toute leur vie professionnelle. Mais la raison fondamentale est que nous sommes vraiment enracinés à la FEP et que nous vivons encore de ses acquis (Retrep, CPA, CFA, meilleure retraite Arrco).

De gauche à droite : Simone Leclerc, Manou Fondard, Christian Pasquio et Agnès Déjeux de la commission exécutive de l’UFR.

Quel chemin parcouru depuis 1959 !

En effet, quel chemin parcouru depuis la loi Debré de 1959 ! Citons rapidement, mais c’est toute notre histoire syndicale :
- Paiement du salaire des enseignants contractuels par l’État et non par l’enseignement catholique ;
- Droit syndical, décharges d’heures, délégués syndicaux, délégués du personnel, comités d’entreprise ;
- Protection sociale des enseignants et des personnels de droit privé, prévoyance, Retrep ;
- Commissions de l’emploi ;
- Accès aux classes de certifiés, agrégés, professeurs des écoles, documentalistes.

Nous en avons bénéficié et profitons encore, comme retraités, de certaines retombées. Et nous restons solidaires des salariés : conquête du statut de droit public. Certes, la loi Censi de décembre 2004 qui ne fait pas de nous des fonctionnaires mais des agents publics de l’État, améliorera la retraite des partants dès septembre 2005 pour progressivement l’aligner sur celle de nos collègues de l’enseignement public, et garantit notre emploi.

Nous restons attentifs aux conséquences de la baisse démographique rendant plus fragile l’emploi, aux conditions de travail difficiles, à la réflexion engagée sur l’éducation et l’enseignement, attentifs encore aux problèmes plus généraux sur la réduction du temps de travail, l’avenir des retraites, la couverture sociale, le devenir de la Sécurité sociale... Combats menés par la CFDT tout entière.

Quelques sigles

- UCR = Union confédérale des retraités
- FEP = Fédération formation et enseignement privés
- UFR = Union fédérale des retraités
- UTR = Union territoriale des retraités
- ULR = Union locale des retraités (fait partie d’une UTR)
- SSR = Section syndicale des retraités (fait partie d’une UTR)