UNION CONFÉDÉRALE CFDT DES RETRAITÉS

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L’aide à domicile attend une autre reconnaissance


Tout le monde prône le domiciliaire et son soutien pour accompagner les personnes en perte d’autonomie. Le grand âge va croître et les proches aidants risquent d’être moins nombreux. Le secteur à domicile est en difficulté, comme celui des salariés des particuliers employeurs.

Les effectifs financés sont très insuffisants. Les conditions de travail et le niveau des rémunérations entraînent une faible attractivité des métiers. Selon l’Union nationale de l’aide à domicile, près de la moitié des postes de travail ne sont pas pourvus. 300 000 postes sont à pourvoir d’ici 2030.

La longue attente d’un financement pour l’aide à domicile

La faible reconnaissance du secteur par les pouvoirs publics est réelle. Exemple, de récentes avancées sociales (30 euros net par mois et évolution des cotisations de la complémentaire santé), négociées par la CFDT, n’ont pas reçu l’agrément du gouvernement en 2025. Le faible niveau de l’allocation pour la perte d’autonomie (APA) n’incite pas non plus les personnes concernées à faire appel au service d’aide à domicile. Pour la fédération Santé Sociaux CFDT, « le gouvernement abandonne les salariés et les personnes âgées sur l’ensemble du territoire ». Il est urgent que les pouvoirs publics se réinterrogent sur le mode de financement de l’aide à domicile. La fédération des Services CFDT considère aussi ces métiers largement sous-estimés par la société, en dépit d’une reconnaissance forte de la part des particuliers employeurs.

L’Observatoire de la Fédération des particuliers employeurs, qui prévoit plus de 580 000 emplois d’ici 2035, juge les professionnels de l’emploi à domicile comme des garants silencieux de notre cohésion sociale. Selon la CFDT, « ils soulagent, accompagnent, soutiennent dans une relation fondée sur la confiance et le respect ».

La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) prend en compte le vieillissement de la population et la crise de recrutement du secteur de l’aide à domicile. Des expérimentations menées sur l’organisation en équipes locales et autonomes ont mis en lumière des pistes d’amélioration de la qualité des services, des conditions de travail des intervenants et de l’efficience des structures. L’étude qu’elle a financée présente les résultats de ces expérimentations qui pourraient redéfinir le paysage de l’aide à domicile.

Jacques Rastoul dans le magazine Fil Bleu de mars-avril 2026
NB : Jacques est décédé ce 24 mai 2026..

Pour en savoir plus Vers une transformation des services d’aide à domicile en équipes locales et autonomes : résultats d’expérimentations sur le site de la CNSA.

Baromètre de l’emploi à domicile sur le site de l’Observatoire de l’emploi à domicile.

Vers des services autonomie à domicile

La loi du 8 avril 2024 pour « Bâtir la société du bien vieillir » incite les acteurs du domicile à coordonner leurs activités. Les Services de soins infirmiers à domicile (SIAD) et les Services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD) doivent progressivement être regroupés dans des Services autonomie à domicile mixte (SAD mixte).

« Les professionnels du domicile pourront désormais intervenir dans une entité de travail plus large regroupant des métiers différents dans des équipes pluridisciplinaires et faciliter des parcours professionnels évolutifs », souligne Philippe Pinglin, du syndicat retraités de Seine-Saint-Denis.

Pour la CFDT, cette évolution va faciliter une meilleure prise en charge des personnes accompagnées tout au long de leur vie. La création des SAD, vers un accompagnement global des personnes âgées ou handicapées, doit permettre un parcours de soins mieux adapté aux évolutions de la santé des personnes et propre à faciliter leur insertion sociale. Cette nouvelle coordination pourrait faciliter la démocratie sociale par l’instauration d’un conseil de la vie sociale.