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L’amiante toujours un risque !


Depuis janvier 1997, l'usage de l'amiante est interdit en France. Tout risque n'a pas totalement disparu pour autant. Beaucoup de matériaux, utilisés en particulier dans la construction ou l'isolation en contiennent encore. Comme l'amiante-ciment.

Lors de la vente d’immeubles ou de bâtiments, un contrôle s’impose pour vérifier la présence ou l’absence d’amiante. Un décret de février 1996 oblige en effet les propriétaires de bâtiments à faire établir un « diagnostic amiante » (contrôles visuels, prélèvements, estimation des risques), en particulier lors d’une vente immobilière. Celui-ci doit être fait par des entreprises déclarées.

S’il y a présence d’amiante reconnue, les travaux d’enlèvement doivent se faire dans les douze mois. Mais dans un certain nombre de cas, l’enlèvement n’est pas possible. Par contre, cette présence doit être localisée, car si l’on veut faire des travaux, il est indispensable de prendre certaines précautions.

En particulier, beaucoup de constructions provisoires ont été réalisées avec l’amiante-ciment. On peut d’ailleurs voir dans certaines plaques, souvent utilisées pour faire des toitures à bas prix, des fibres mélangées au matériau solide.

Il est indispensable de manipuler ce matériau prudemment et il est interdit de le jeter dans une décharge quelconque. De même si une isolation a été faite dans un mur avec de l’amiante il ne faut pas percer celui-ci sans précaution, au risque de laisser s’échapper dans l’atmosphère des fibres qui présentent d’autant plus de risques qu’elles sont invisibles à l’œil mais inhalables.

Des étiquettes incompréhensibles

De nombreux calorifugeages ont été faits à l’amiante. Dans de vieux bâtiments, il peut encore en rester. On trouve encore, sur des terrasses ou dans des jardins, des vieilles jardinières en amiante-ciment.

On distingue :
- les matériaux non friables, principalement les matériaux en amiante-ciment : plaques ondulées, support de tuiles, ardoises, tuyaux, canalisations enterrées… ;
- les matériaux friables, notamment les filtres de dépoussiérage, les calorifugeages, les flocages et les faux-plafonds qui, en se dégradant, peuvent dégager des fibres dans l’atmosphère.

D’autres matériaux présentent des risques. Les fibres de roche, souvent utilisées en isolation, constituent un risque de cancer selon le Centre international contre le cancer (CIRC). Or elles ont été massivement utilisées à une certaine période. Le principe de précaution impose de les éliminer. De même les fibres de carbone et surtout les fibres céramiques font aussi partie des fibres potentiellement à risques.

Les classifications sont connues des experts. Dans certains cas, les étiquetages signalent le risque. Malheureusement aucune information en direction du public n’est faite, et les étiquetages ne sont pas compréhensibles dans de nombreux cas.

Il est donc indispensable de rester attentif et de nous poser les bonnes questions. Le « groupe amiante » de l’UCR-CFDT est à votre disposition pour vous aider et vous renseigner sur les risques et les entreprises spécialisées en cas de besoin.

Joëlle Guignard

Comment éliminer des déchets d’amiante identifiés ?

S’il s’agit de petites quantités, certaines déchetteries acceptent soit des matériaux solides, soit des déchets mis dans des doubles sacs. S’il s’agit d’éliminer de plus grandes quantités de matériaux, il faut faire appel à des entreprises spécialisées et à des transporteurs déclarés en préfecture. La prudence s’impose donc. Et si l’on a un doute, il ne faut pas hésiter à faire faire une expertise.