Action internationale


L’eau : un nouveau droit de l’Homme


Parce que l'eau devient rare, une grande partie de l'humanité est en danger. Sous le titre « Le temps des solutions », le 6e Forum de l'eau s'est tenu à Marseille du 12 au 17 mars. 25 000 participants ont souligné la gravité de la situation.

50 % de la population mondiale n’a pas accès à une eau potable. Résultat : 3,6 millions de personnes succombent chaque année des suites de maladies liées à une eau de mauvaise qualité ou à un environnement insalubre. La plupart sont âgées de moins de 15 ans.

Le droit à une eau potable a été érigé au rang de « droit fondamental ». L’objectif de réduction de moitié, d’ici 2015, du nombre de personnes qui n’ont pas accès à un approvisionnement en eau potable et à des services d’assainissement de base inscrite dans les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) adopté en 2000, ne sera pas atteint.

Les États prennent trop lentement conscience de l’ampleur du problème. La guerre de l’eau pourrait très rapidement devenir une réalité. C’est déjà le cas dans certaines régions d’Afrique où l’on se tue pour avoir accès à un puits.

Plus largement, la Chine, le Pakistan et l’Inde durcissent le ton à propos des eaux de l’Himalaya. Au Moyen Orient, la Turquie s’attire les foudres de l’Irak et de la Syrie à propos de la gestion de l’eau de l’Euphrate et du Tigre. En Afrique, l’Égypte, le Soudan, l’Éthiopie se disputent la gestion des eaux du Nil.

Casques de la soif

Le réchauffement climatique, la baisse de la pluviométrie, l’accroissement de la population sont des facteurs qui ne peuvent qu’aggraver la situation. Autre facteur aggravant : les habitudes alimentaires.

Il faut à un occidental 3 litres d’eau par jour pour ses besoins vitaux et 30 litres pour ses besoins d’hygiène. Mais il lui faut surtout 3 000 litres en moyenne pour produire son alimentation du fait surtout de sa consommation de viande. Certains calculs montrent qu’il faut au minimum 15 000 litres d’eau pour produire un kilo de viande de bœuf élevé en élevage intensif.

La pénurie d’eau n’est pas une fatalité. De nouveaux barrages, des stations de dessalement ont été construits. Ces aménagements s’accompagnent de techniques performantes d’utilisation de l’eau.

Mais on n’évitera pas la coopération entre les pays qui devront accepter de gérer par la négociation les difficultés rencontrées. Les nappes phréatiques et les fleuves ne connaissent pas les frontières.

La communauté internationale doit prendre sa part de responsabilités. Il ne semble pas avoir été clairement perçu à Marseille qu’il vaudrait mieux investir dans ce domaine plutôt que d’être appelé demain à envoyer des casques bleus pour séparer ceux qui auront soif.

Guy Gouyet

Le droit à une eau potable érigé en « droit fondamental » (photo Electriciens sans frontières)