Actu revendicative


L’échec du sommet de Copenhague


Face à l'ultimatum climatique, aucun objectif de réduction d'émission de gaz à effet de serre, aucune possibilité de sanction sur les États qui ne jouent pas le jeu… Et rendez-vous dans un an.

Actuellement le protocole de Kyoto, datant de 1997, fixe toujours les objectifs de réduction des gaz à effet de serre à 5,2% à l’horizon 2012. A Copenhague, l’Europe a été bonne élève avec un taux de réduction de 2,5% en 2009. Loin devant les États-Unis et la Chine nouveaux venus dans le club des signataires.

L’objectif de ce sommet était donc d’obtenir un consensus entre 192 pays pour s’engager à réduire de 2,5% la production de gaz à effet de serre, à travers un calendrier précis.

La tâche était ardue tant les intérêts étaient contradictoires. En effet nous étions en présence :
- de grands pays industrialisés et grands responsables du réchauffement climatique peu enclins à changer de politique industrielle ;
- de pays émergents (Chine, Inde, Brésil) qui ne veulent pas sacrifier la lutte contre la pauvreté et leur croissance économique et qui restent friandes de consommation d’énergies fossiles ;
- des pays pauvres recherchant des aides massives pour se développer, estimant que les pays industrialisés ont une dette envers eux ;
- et enfin des pays insulaires ou sans relief comme le Bangladesh, qui craignent leur disparition avec la montée des eaux de mers.

Agir avec les syndicats européens

La très grande majorité des observateurs considère le sommet de Copenhague comme un échec. Un accord non contraignant, de seulement trois pages, propose de réduire, sans calendrier, la hausse de production de CO2 à 2%. La mise en place d’une « commission internationale de contrôle et de sanctions » a volontairement été oubliée.

Mais certains observateurs optimistes notent que pour la première fois, les deux gros émetteurs de gaz à effet de serre (États-Unis et Chine), absents à Kyoto, étaient cette fois présents et parties prenantes.

La CFDT ne baisse pas les bras. Elle prépare les prochaines échéances annoncées. A savoir :
- les parties doivent fournir rapidement leurs objectifs de réduction des émissions de GES (fait le 29 janvier dernier pour l’Union européenne) ;
- une conférence à Bonn du 31 mai au 11 juin 2010 prépare la Conférence des parties (COP) à Mexico fixée elle du 29 novembre au 10 décembre 2010.
Dans ce contexte, la CFDT préconise cinq axes de travail :
- le chiffrage de la réduction des gaz à effet de serre ;
- l’instauration d’un calendrier ;
- la mise en place d’un système de sanctions financières ;
- une aide aux pays défavorisés ;
- des moyens de lutte contre la déforestation.

Par ailleurs elle s’attache à agir avec les syndicats européens pour la défense de la lutte contre le réchauffement climatique et, en France, à activer le Grenelle de l’environnement.