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L’échouage des sargasses, un fléau pour les Antilles


Au large des Bermudes, la mer des Sargasses n’est plus la seule « usine à sargasses ». Le phénomène a gagné tout l’Atlantique. Depuis 2011, des tonnes de sargasses s’échouent sur les côtes des Antilles, multipliant les atteintes à l’environnement, à la santé et à l’économie.

L’origine de ces algues brunes se situerait dans la petite mer des sargasses, au large du golfe du Mexique. Leur prolifération, liée au réchauffement climatique, est favorisée par l’apport de potassium et de nitrate, provenant des fleuves Congo et Amazone.

Inoffensives en mer, elles sont problématiques une fois échouées. Dans les 48 heures, leur décomposition génère des gaz toxiques, ammoniac, hydrogène sulfuré, etc. Sur le rivage, les algues absorbent le chlordécone et des métaux lourds, tel l’arsenic. Les habitants des quartiers à proximité de plages sont exposés à de graves nuisances : troubles respiratoires, détérioration des biens.

En Martinique, durant deux mois, 400 élèves d’un collège du Robert ont vu leur scolarité interrompue. De son côté, un marin-pêcheur témoigne : « L’entretien du bateau me revient cher, le moteur s’abîme vite à cause des sargasses et le sulfure d’hydrogène dégagé lors de la décomposition endommage le matériel électronique. »

Des solutions diverses mais insatisfaisantes

L’expérimentation de barrages au large des côtes est concluante. Ils permettent de limiter la quantité de sargasses et d’assurer des opérations de collecte dans les délais, mais le stockage à terre est problématique en raison des risques d’émission de gaz toxiques.
Les difficultés de stockage, en Martinique, ont conduit les services de l’État à expérimenter la ré-immersion des algues fraîches collectées en mer. Depuis deux ans, ce dispositif est testé en bordure du Robert. Les sargasses, collectées derrière les barrages, sont remorquées à 15 miles nautiques puis réimmergées à plus de 1 000 mètres de profondeur.
Ce dispositif, s’il permet de répondre aux risques sanitaires, n’est pas documenté sur les risques de pollution marine.

[Nicole Chauveau