Actu revendicative


L’enjeu de l’accessibilité des droits


Les concepteurs des droits ont trop tendance à penser qu'un nouveau droit, une prestation s'appliquent automatiquement. En fait, on n'investit pas assez sur une élaboration large d'un nouveau droit avec les personnes concernées et leurs représentants, et pas plus sur les modalités d'explication et d'accessibilité à mettre en œuvre.

Tout citoyen ne peut pas se transformer en spécialiste ou juriste. La transmission par l’oral n’est pas assez prise en compte.

Trouver le bon conseil, un guichet unique dans une maison de la justice et du droit, comprendre une brochure, se saisir d’un guide simple, apprendre à se servir des sites internet c’est déjà franchir une bonne étape pour s’approcher de ses droits. L’accès à la culture, la réussite scolaire s’avèrent essentiels.

Un enjeu politique

Être informé sur ses droits, c’est bien. Prendre contact avec un collectif (association et/ou syndicat, avocat...), rencontrer de bons experts associatifs et syndicaux c’est mieux. Ainsi l’individu, salarié, chômeur ou retraité peut prendre confiance en lui, poser la bonne question, être sécurisé et accompagné pour comprendre la logique d’un droit et parfois du devoir qu’il sous-tend.

Les experts, militants ou professionnels doivent aussi mieux travailler ensemble, jouer la complémentarité de leurs savoirs et compétences. L’action prud’homale ou sur les conditions de travail illustre bien les coopérations du syndicalisme avec des avocats et des ergonomes. Il en est de même entre le médical, le social et les usagers de la santé ; entre la sécurité des personnes et de la déontologie.

Pour l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, le non-recours aux prestations sociales devient un enjeu politique. L’accès de tous aux droits de tous suppose une mobilisation de tous, donc des coopérations multiples.