UNION CONFÉDÉRALE CFDT DES RETRAITÉS

Notre activité


L’enjeu de la santé mentale du grand âge


Préserver la santé mentale du grand âge est un pilier du bien vieillir. La note du Cercle Vulnérabilités et Société pose un tableau complet de la réalité, vers un modèle plus préventif et inclusif. Extraits.

La longévité n’a de sens que si elle s’accompagne d’un sentiment de continuité et de dignité. Or le vieillissement psychique modéré à sévère touche une personne âgée sur cinq. Il reste encore trop souvent invisible. Les troubles dépressifs et le repli relationnel appellent des réponses de proximité, plurielles et coordonnées.

Pour les auteurs, préserver la santé mentale des aînés, c’est lutter contre l’indifférence sociale, la perte de sens et l’isolement.

Les causes et conséquences sont multiples : renoncement à la mobilité (courses, promenades, etc.) ; refus de soins et d’alimentation ; troubles du sommeil ; pertes de désir et désintérêts ; perte de l’estime de soi ; changements durables d’humeurs ; troubles du comportement (mutisme, irritabilité, prostration…) ; confusions et pertes de repères (spacieux, temporels) ; troubles cognitifs, de la mémoire.

Les effets du lien social sont déterminants

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), le lien social a un effet biologique protecteur équivalent à celui de l’activité physique.
Chaque conversation bienveillante, chaque moment partagé, chaque regard échangé agit comme un antidépresseur naturel. La santé mentale des aînés repose sur une écologie du lien où Ehpad, associations, familles, collectivités et citoyens coopèrent pour entretenir un tissu relationnel vivant.

L’environnement compte

Il s’agit d’adapter les lieux de vie du domicile à l’Ehpad, de favoriser la création d’espaces de sociabilisation : ateliers ouverts, coins café, groupes de parole thématiques ouverts aux aidants, jardinage, initiatives intergénérationnelles, journal ou bulletin de vie coécrit par les résidents et les personnels pour nourrir la mémoire collective et l’estime de soi.

La santé mentale des personnes âgées ne se réduit pas à la prévention des troubles : elle engage une éthique du regard et de la présence. Elle suppose :

  • une reconnaissance de la vulnérabilité comme richesse ;
  • une politique de la considération où chaque acteur – du ministre au voisin – devient coauteur du bien-être collectif ;
  • une éducation au lien dès la formation initiale des soignants, travailleurs sociaux, bénévoles et élus.

Les effets de cette démarche réduisent la maltraitance, les chutes, l’isolement et l’hospitalisation. Ils diminuent aussi les multiples pathologies liées au stress comme l’hypertension, les troubles du sommeil ou le diabète. Ils accroissent l’autonomie de la personne.

Ces approches pertinentes partagées sont des leviers essentiels à faire connaître, tant pour les proches aidants, le conseil de la vie sociale, les maisons des aidants, les espaces de répit, le conseil départemental de la citoyenneté et de l’autonomie, le conseil territorial de santé, le centre communal d’action sociale et nos partenaires.

Jacques Rastoul

Des recommandations à mettre en œuvre Cinq piliers sont mis en avant :

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  • prévenir avant de soigner ;
  • relier plutôt que cloisonner ;
  • reconnaître la subjectivité : donner de la place à la parole et aux émotions ;
  • promouvoir l’autodétermination et le pouvoir d’agir de personnes âgées ;
  • soutenir les aidants et les professionnels : prendre soin de ceux qui prennent soin.

Les ressources humaines et la formation sont à prendre en compte par l’écoute active, la reconnaissance de la souffrance psychique et le repérage précoce de la dépression.