Stats et études


L’espérance de vie continue d’augmenter


Au 1e janvier 2005, la population de la France métropolitaine et des départements d'outre-mer est estimée à 62,4 millions d'habitants. Les naissances se maintiennent à un niveau élevé en 2004 tandis que les décès sont en très net recul. L'espérance de vie est en forte augmentation : elle atteint 76,7 ans pour les hommes et 83,8 ans pour les femmes.

L’Insee, après l’enquête démographique de 2004, montre, sur des résultats provisoires, des tendances nettes. La population en métropole a augmenté de +0,6%. La croissance annuelle n’avait jamais été aussi élevée depuis 30 ans. Elle tient à une diminution importante des décès combinée à un maintien des naissances et à une légère augmentation du flux migratoire.

Le nombre de décès observés en 2004 est inférieur de 7,5% aux 550 000 décès de 2003, qui incluaient les 15 000 décès supplémentaires de la canicule d’août 2003. Mais si l’on compare plus justement avec les décès de 2002, on constate encore une baisse de 4,5%, alors que la population a augmenté de +1,2%.

Une baisse sensible de la mortalité

Pour être plus rigoureux, c’est le calcul de l’espérance de vie [1] qui permet d’éliminer les fluctuations de la mortalité dues à la variation de taille de la population et sa répartition par âge. Celui-ci ne montre que l’évolution des risques de décès.

L’espérance de vie à la naissance dépasse pour la première fois 80 ans, hommes et femmes réunis. Elle atteint 76,7 ans pour les hommes et 83,8 ans pour les femmes en 2004, contre 75,9 et 82,9 en 2003. Et si l’on compare à 2002, l’espérance de vie a progressé de 10 mois en deux ans, ce qui est beaucoup plus que ces cinquante dernières années (trois mois par an).

Recul des maladies comme cause de décès

Au milieu du XXe siècle, les maladies infectieuses étaient encore une cause importante des décès d’adultes et de personnes âgées. Actuellement les maladies cardio-vasculaires et les cancers sont désormais les principales causes de décès à ces âges. Le succès rencontré dans la lutte contre ces maladies a fait progresser l’espérance de vie depuis 1970. La mortalité due aux maladies du cœur et des vaisseaux a fortement diminué depuis 50 ans grâce aux progrès de la prévention et des traitements. La mortalité par cancer, qui avait augmenté, régresse grâce aux diagnostics précoces et au recul des comportements à risques comme le tabagisme et l’alcoolisme.

Pourquoi cette baisse de mortalité en 2004 ? Le nombre de tués sur les routes a diminué grâce au renforcement des contrôles de vitesse. Il n’y a pas eu d’épidémies de grippe. Enfin la canicule de 2003 a provoqué une anticipation probable des décès 2004.

Malgré tout, ces éléments ne justifient pas totalement l’augmentation de durée de vie constatée. Un autre élément possible évoqué serait que la canicule aurait changé notre comportement à l’égard des personnes âgées, avec un bénéfice sensible l’année suivante. Il reste à voir si l’année 2005 confirmera ces progrès.