Notre activité


L’humain augmenté


Notre société accumule les innovations scientifiques et techniques. Notre corps devient, grâce à ces technologies, un outil à améliorer avec des modifications temporaires ou durables.

Dopage sportif, médecine anti-âge, chirurgie esthétique, prothèses, détournements de médicaments augmentent les capacités humaines sur des sujets en bonne santé. La vieillesse est vue comme une maladie et son ralentissement comme un objectif scientifique. Souvent ces prescriptions présentent une incertitude pour la santé, des risques connus d’addiction ou des effets secondaires.

L’humain augmenté vit dans une quête de la performance et de la compétition, encensée par les médias. Cette quête occulte la différence avec l’autre. La différence sociale est niée et il existe de fortes inégalités entre ceux qui utilisent ces nouvelles technologies dans des buts esthétiques ou d’amélioration artificielle pour acquérir des performances physiques, mentales, et ceux qui n’ont pas accès à la santé.

« Le seul progrès qui compte vraiment c’est le progrès social »

Pour les transhumanistes, cette recherche de la perfection fait partie du projet humaniste moderne : « la quête politique d’un monde meilleur ». Mais pour l’économiste Jacques Généreux, « entre les humains, le seul progrès qui compte vraiment c’est le progrès social, au sens le plus large du terme. C’est-à-dire, l’extension de leur capacité à faire société, à vivre bien avec autrui et tous ensemble ».

Qu’en pense le CCNE ? Dans son avis sur « le recours aux techniques biomédicales en vue de neuro-amélioration chez la personne non malade » de décembre 2013, il pose des questions de limites et de financement. La prise d’anxiolytiques, d’antidépresseurs, et d’inhibiteurs peut certes améliorer les performances du comportement mais avec quels risques et avec quels coûts financiers ? Le pouvoir de vivre d’une personne et son comportement engagent des formes de vie en société.

La consommation de substances médicamenteuses remet en question la modification du rapport à soi et aux autres. Il déconseille vivement l’utilisation de ces techniques pour les enfants, l’adolescent et les personnes vulnérables. Pour le CCNE, « l’élargissement du champ de la médecine à la neuro-amélioration biomédicale du sujet non malade comporterait un risque majeur de distorsion des priorités de santé, risque qui ne pourrait que s’aggraver si les ressources publiques étaient engagées ».

Inviolable

La charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, adoptée en 2000, affirme dans son premier article : « La dignité humaine est inviolable. » Dans son article 3, elle évoque le principe d’inviolabilité du corps humain et d’intégrité physique et psychologique. Le groupe européen d’éthique des sciences et des nouvelles technologies estime que les applications non médicales des implants constituent une menace pour la dignité humaine.