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L’université tout au long de la vie


Que dit la CFDT lors de son université d’été de 2013 : « Le droit à l’éducation et à la culture est un droit fondamental. C’est un outil qui permet à des adultes et à des enfants économiquement et socialement marginalisés de sortir de la pauvreté et d’être des citoyens à part entière. » Ces propos concernent-ils aussi les retraités ?

Dans les années cinquante, les retraités étaient en majorité plus pauvres qu’aujourd’hui, moins bien soignés. Ils habitaient dans des logements vétustes et inadaptés. La société les ignorait. Certains participaient à des associations d’anciens qui organisaient, une fois l’an, un voyage d’une journée, en car la plupart du temps.

Il a fallu la volonté de plusieurs militants, dans l’esprit de l’éducation populaire, pour convaincre les anciens qu’une autre vie était possible, qu’il fallait changer les clichés de la société sur le « je suis trop vieux », et donner une place aux seniors. De nos jours, ils participent activement à la vie associative, civile ou familiale. Certains s’appellent la « génération pivot », car ils assurent un soutien aux plus anciens et aux plus jeunes. Les élus de plus de 60 ans sont maires à plus de 42 %, les conseillers généraux à plus de 45 %, sans parler des associations !

Une des innovations sociale et culturelle la plus réussie fut la création des « universités du 3e âge » qui furent initiées à Toulouse par Pierre Vellas. Dans les années 1970, il a réussi à convaincre les retraités que l’on pouvait apprendre tout au long de la vie. Il ne dit rien d’autre en mettant gratuitement, à la disposition des anciens, les locaux de son université, pour organiser des conférences studieuses : « Il n’est jamais trop tard pour apprendre. Faire ce que l’on a toujours imaginé de faire mais que l’on n’a jamais eu le temps de faire, ni les moyens de le faire, ni oser le faire. Planter un arbre ou apprendre à 70 ans, c’est possible. »
Son succès fut tel que l’idée s’étendit à tout le pays et dépassa nos frontières.

L’offre se diversifie

Aujourd’hui, toutes les villes ont leur « université du 3e âge », appelée « université du savoir » ou « université permanente », en région parisienne. Toutes les agglomérations, aussi petites soient-elles dans les maisons pour tous, les centres sociaux ou les foyers ruraux, ont leurs animations, leurs centres de réflexions, leurs centres d’intérêts, de créations ou d’échanges de savoirs. Lieux de vie sociale, ils sont indispensables à beaucoup d’entre nous.

Qu’il s’agisse d’activités physiques comme les gymnastiques douces, la natation ou celle de l’apprentissage du bien-être physique, alimentaire, ou de centres de recherche concernant l’histoire de la région, de la découverte du patrimoine par l’organisation de voyages culturels plus ou moins lointains, la liste est longue et variée de toutes ces propositions municipales. Source d’enrichissement de chacun dans une sociabilité créatrice d’échanges et de rencontres, elles nous confortent dans notre statut de citoyens, ouverts à l’autre, fuyant la solitude et le désœuvrement (contactez votre mairie, votre CCAS, votre Clic...).
Mais cette sociabilité durement acquise est stoppée net lors de l’arrivée en maison de retraite.

Les retraités veulent rester des citoyens dans la cité. Il est temps de créer des lieux ouverts à tous, de maintenir un réseau intergénérationnel, des passerelles entre les activités des établissements et les activités des collectivités locales, quel que soit notre lieu d’hébergement.

Danielle Rived