Actu de nos droits


La DCI ou le vrai nom des médicaments


Progressivement l'appellation des médicaments par le nom donné à la molécule de base qui les compose fait son chemin. Essayons d'y voir clair dans les enjeux de la « dénomination commune internationale » ou DCI.

Le sigle DCI veut dire « dénomination commune internationale ». Utiliser la DCI, c’est appeler un médicament par la substance de base qui le compose. C’est sa raison d’être thérapeutique. C’est plus clair que d’utiliser le nom « commercial » donné par l’entreprise pharmaceutique qui le fabrique.

Pour situer le problème, il suffit de rappeler qu’en France, pour 8 000 noms commerciaux de médicaments il n’y a que 1 700 DCI différentes. Une même molécule est ainsi, en moyenne, diffusée sous quatre « noms » différents de médicaments.

Le nom de la DCI n’est pas celui de la molécule chimique active car souvent très compliqué et difficile à retenir. C’est celui que l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) a donné à cette molécule suivant des règles précises de dénomination. Ainsi, toutes les substances d’un même groupe pharmaceutique ont souvent en commun un même suffixe (par exemple, « épam » pour les anxiolytiques).

Notez qu’un médicament contient très peu de principe actif. Il contient des ingrédients inertes, désignés excipients, permettant de lui donner sa forme et son goût (sucre, eau, colorant…).

Pourquoi utiliser la DCI ?

L’usage de la DCI répond à plusieurs avantages qui concourent à un bon usage des médicaments et permettent d’éviter des utilisations néfastes.

D’abord le même médicament a le même nom dans tous les pays, en Europe et même dans le monde, ce qui simplifie les choses pour tous lors d’un voyage à l’étranger.

Connaître la DCI permet de reconnaître le même médicament conditionné sous différentes formes dites galéniques : aspect (comprimé, suppositoire, gélule) et type d’absorption. Utiliser la DCI, c’est éviter de prendre deux médicaments ayant des appellations commerciales différentes mais ayant la même molécule active. Ainsi, les malades comme les professionnels éviteront des surdosages involontaires.

Parler en DCI, c’est permettre aux médecins de prendre des distances par rapport aux pressions commerciales des laboratoires.

L’emploi des DCI peut paraître complexe pour les malades. Il faut espérer que l’optimisation de leur utilisation et leur inscription sur les boîtes de médicaments, en parallèle avec les noms commerciaux permettent une familiarisation croissante avec ce type d’appellation.

Ainsi sera favorisée une bonne utilisation des médicaments accompagnée d’une meilleure communication entre professionnels et d’un risque moindre d’effets indésirables par interactions médicamenteuses.