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La détresse des apiculteurs


En vingt ans, la production de miel a été divisée par trois en raison de la surmortalité des abeilles en France. Des apiculteurs en appellent aux pouvoirs publics pour trouver des solutions afin d’enrayer cette hécatombe. Ils réclament, entre autres, un plan de soutien.

Des dizaines d’apiculteurs bretons partis du Morbihan se sont donné rendez-vous le 7 juin à Paris devant l’Hôtel des Invalides pour attirer l’attention des autorités et dénoncer l’explosion de la mortalité des abeilles cette année. Le même jour, d’autres rassemblements se déroulaient en région. Une situation alarmante provoquée principalement par l’emploi de pesticides et la présence du frelon asiatique sur notre territoire. Les pertes s’élèvent à 90 % dans certains cheptels. Du jamais vu. Si les pertes du cheptel sont naturelles, elles ne dépassaient pas jusqu’alors les 7 % par an. En Bretagne, 20 000 ruches ont disparu. Certains apiculteurs vont être dans l’obligation de mettre la clé sous la porte. Alors que faire ?

Une victoire et un bémol

Le 27 avril, l’Union européenne a pris la décision d’interdire l’utilisation de trois néonicotinoïdes sur les cultures de plein champ, particulièrement dangereux pour les abeilles, puisqu’ils s’attaquent au système nerveux des insectes. Il s’agit de l’imidaclopride, le clothianidine et le thiaméthoxame fabriqués par les géants de l’agrochimie Bayer et Syngenta. Une première victoire, mais la mobilisation n’est pas terminée. En France, l’interdiction de tous les néonicotinoïdes a été inscrite dans la loi biodiversité et devrait entrer en vigueur en septembre 2018. Mais des dérogations seront possibles sur certains usages jusqu’au 1er juillet 2020.

Le frelon asiatique, dévoreur d’abeilles

Autre destructeur d’abeilles, le vespa velutina que l’on appelle dans nos contrées le frelon asiatique. Introduit en France en 2005, en provenance d’Asie, ce redoutable dévoreur d’abeille fait aussi des ravages. Il s’attaque aux abeilles pour leur voler leur pollen et nourrir ainsi ses larves. Plusieurs expériences pour les éradiquer ont été tentées, parmi lesquelles le piégeage des reines au printemps. Cette méthode, pratiquée par certains apiculteurs, est controversée. Le ministère de l’Agriculture ne l’a pas validée. Une étude est menée par l’Institut de l’abeille depuis plus de deux ans sur trois départements (le Morbihan, la Vendée et les Pyrénées-Atlantiques) pour collecter des informations afin de savoir si le piégeage influe sur le nombre de nids prédateurs ou pas.
En attendant les mesures de l’État, le conseil régional de Bretagne s’est engagé à verser des aides d’urgence à la filière apicole. L’enjeu est d’importance, les abeilles doivent rester de véritables sentinelles de la biodiversité.

Corinne Grincourt

Du miel à gogo… mais plus d’abeilles !