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La fast fashion sur les bancs de l’Assemblée nationale


L’industrie textile est l’une des plus polluantes pour notre environnement. Elle représente environ 10 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. En ligne de mire, la fast fashion qui fait l’objet d’un projet de loi pour encadrer cette activité.

La fast fashion. Que recouvre cet anglicisme ? Une mode qualifiée d’éphémère ou express qui se caractérise par un renouvellement quasi permanent des collections. Une stratégie de production et de commercialisation qui consiste à mettre sur le marché une multitude de modèles de vêtements à très faibles prix (ne dépassant que très rarement la somme de 10 euros pièce), favorisant une consommation effrénée et générant une importante pollution.

Cette industrie textile délocalisée est aussi problématique sur le plan social (travail forcé, travail des enfants, salaires dérisoires, etc.) au détriment du respect d’exigences sociales et environnementales.

À titre d’exemple, des sites de vente en ligne, comme Shein ou Temu, développent des stratégies d’incitation incessante à la consommation. Selon l’ONG Les Amis de la Terre, le géant chinois Shein propose 470 000 modèles disponibles en temps réel, des volumes astronomiques sans commune mesure avec des enseignes classiques. Ces deux enseignes sont même qualifiées d’« ultra fast fashion ».

Pour en freiner l’essor et réduire l’impact environnemental de l’industrie textile, un projet de loi, présenté par le groupe Horizon, a été adopté à l’unanimité en première lecture, le 14 mars dernier. Parmi les principales mesures, ce texte propose :
 de définir la fast fashion, avec des critères basés sur les volumes produits et la vitesse de renouvellement des collections ;
 de renforcer le système de bonus-malus ;
 d’interdire la publicité pour la vente de vêtements à prix cassés inondant le marché.

Qualifié de premier pas par plusieurs associations, ce texte fera de la France « le premier pays au monde à légiférer pour limiter les dérives de l’ultra fast fashion », a déclaré le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu.

Prochaine étape, le Sénat.

[Corinne Grincourt