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La grande grève de Mai 68


La faculté de Nanterre ferme le 2 mai 1968 suite aux premiers troubles des étudiants qui manifestent contre l’arrestation d’un des leurs, ils se réfugient à la Sorbonne, qui ferme à son tour. Deux groupes s’affrontent « les gauchistes et l’extrême droite ». Dans la nuit du 10 au 11 mai, des émeutes éclatent rue Gay-Lussac : barricades, voitures incendiées. Violences des manifestations, barricades de pavés, de grilles, de poteaux de signalisation, grenades lacrymogènes et soutien de la population.

Sommaire du dossier
- Mai 68 et la CFDT
- La grande grève de Mai 68
- Aux origines de Mai 68
- 1968 ou l’année de tous les possibles en France et en Europe
- Témoignage de Geo Goubier
- Cinq faits influencent Mai 68
- Le Constat de Grenelle
- « La CFDT a su faire le lien entre la lutte des étudiants et celle menée dans les entreprises »
- Témoignage sur des souvenirs de Mai 68
- Témoignage sur l’esprit de Mai 68

Véritable désolation au matin dans un Paris qui accueille les délégations des États-Unis et du Vietnam du Nord pour des pourparlers de paix. La répression violente de la police entraîne un mouvement de solidarité chez les syndicats ouvriers qui demandent une cessation de travail pour le 13 mai. Un mouvement de grève générale décidée par les syndicats CGT, CFDT, FO, avec occupation d’usines, commence à Nantes (Sud-Aviation) et à Flins (Renault). Il s’étend bientôt dans tout le pays, services publics compris.

Le 16 mai 1968, la CFDT annonce : « En se déclarant solidaire des manifestations étudiantes, la CFDT en a ressenti les motivations profondes […]. À la liberté dans les universités doit correspondre la même liberté dans les entreprises. En cela, le combat des étudiants rejoint celui mené par les travailleurs depuis la naissance du syndicalisme ouvrier.  » Les ouvriers et les étudiants se retrouvent pour manifester au coude-à-coude contre le gouvernement.

Des droits collectifs pour les travailleurs

Pour éteindre l’incendie, ce dernier rapatrie les CRS à Paris, laissant la province avec des gardes mobiles face aux manifestants. Le 20 mai, il y a sept millions de grévistes, Jacques Chérèque affirmera : « Pour nous en Lorraine, c’est une partie de plaisir. Tout le monde est en grève. Les métallos sont considérés comme des héros par les étudiants et les gauchistes. Je me vois encore aller prêcher dans les amphis pleins à craquer.  »

Le 25 mai, l’ouverture de négociations gouvernement-syndicats, rue de Grenelle, entérine une augmentation de 35 % du SMIG et la reconnaissance des droits syndicaux dans l’entreprise. L’essence vient à manquer. Le 27 mai, le meeting géant à Charléty en présence de Pierre Mendès France clôt le vent de la révolte. Le 30 mai 1968, après une manifestation de soutien au général de Gaulle, la dissolution de l’Assemblée nationale sera proclamée.

Dans Mai 1968 et la section syndicale d’entreprise, Eugène Descamps et Jean-Paul Murcier écriront : « Cette naissance de droits collectifs pour les travailleurs s’est produite dans des conditions qui rappellent celles des délégués du personnel (1936) et des comités d’entreprise (1945). On constate chaque fois un ébranlement sérieux des structures politiques et économiques et un rapport de forces favorable à la classe ouvrière. Jusqu’ici, les changements significatifs dans la représentation collective des travailleurs semblent aussi liés à des poussées brutales, véritables affrontements entre eux et leurs employeurs. Encore faut-il, pour que la revendication soit portée, que le projet soit cohérent, qu’existe une relative unité syndicale. » Bien avant 1968, La CFDT était pour l’autogestion, pour des thèses antiautoritaires et antihiérarchiques.

En soutenant le mouvement de révolte dès le début et en prônant l’union entre ouvriers, paysans, étudiants, la CFDT fut souvent associée à Mai 68.

Carel/Coll. Archives CFDT, CFI/6/41