UNION CONFÉDÉRALE CFDT DES RETRAITÉS

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La nécessaire réhabilitation des tourbières


Alors que les pays s’efforcent d’atteindre leurs objectifs climatiques, les tourbières ont toute leur place dans la lutte contre le changement climatique.

Longtemps les tourbières ont eu une image négative et ont été asséchées à grande échelle, notamment pour gagner des terres agricoles. À partir des années 1980, les avancées scientifiques ont permis de mieux appréhender leur fonctionnement et les services rendus. La question de leur régénération ne s’est posée véritablement qu’au début des années 2000. En France, elles sont présentes dans toutes les régions mais en proportion très variable. Elles ne couvrent que 0,2 % du territoire, soit environ 100 000 hectares.

Les bienfaits des tourbières

Dans le cycle de l’eau, elles agissent comme un régulateur, constituent des réservoirs naturels et réduisent l’importance des crues. Les tourbières abritent une biodiversité rare, avec de nombreuses espèces protégées. Elles offrent à la faune des espaces privilégiés pour s’alimenter et se reproduire. Si les tourbières ne couvrent que 3 % de la surface terrestre, elles stockent deux fois plus le carbone que les forêts.

Le renouveau des tourbières du Jura

L’Agence européenne pour l’environnement souligne l’urgence à préserver et restaurer les milieux humides. Une opportunité saisie par la France où les tourbières affichent un important niveau de dégradation.

En 2012, le Conservatoire d’espaces naturels (CEN) de la Franche-Comté a sollicité l’Instrument financier européen pour l’environnement (Life) afin de rénover les nombreuses tourbières du Jura. 8,5 millions d’euros ont été débloqués dont la moitié provient de la Commission européenne. Grâce à une autre enveloppe du Life, de 12,5 millions alloués en 2021, 120 tourbières du Jura ont été, au total, restaurées.

Si l’exemple du Jura inspire d’autres territoires, comme le plateau de Millevaches en Limousin, il est difficile de prendre le contrôle du foncier. Les tourbières dépendent d’une mosaïque d’acteurs (agriculteurs, collectivités, propriétaires terriens) avec lesquels il est difficile d’agir.

[Nicole Chauveau