Actu revendicative


La participation (sociale) des « usagers »


Les personnes âgées dépendantes, les personnes handicapées, les personnes en situation de pauvreté, de chômage et d'exclusion doivent pouvoir exercer leur citoyenneté, être associées aux politiques publiques et solutions qui les concernent.

Ce n’est pas une revendication, mais des dispositions légales inscrites dans plusieurs lois [1] . Cela se traduit notamment par leur présence au conseil de la vie sociale dans les établissements sociaux, médico-sociaux (dont les maisons de retraite avec les résidents et leurs aidants familiaux), dans les centres d’hébergement et de réinsertion sociale, les équipes pluridisciplinaires pour l’attribution du Rsa, les comités de liaison de Pôle Emploi, le droit de vote effectif des personnes handicapées.

Cette participation méconnue est encore minoritaire. Elle est pourtant un enjeu pour la qualité des actions mises en œuvre.

Faire progresser démocratie participative et représentative

La participation des personnes concernées vise : la communication, la consultation, la concertation et la codécision. L’implication de ces « usagers », au-delà d’un « groupe de paroles », leur permet de développer leur compétence, de valoriser leur expérience.

Si elle nécessite une animation particulière, cette « association » des « usagers » offre aux professionnels, aux bénévoles, aux militants et à leurs organisations une occasion de renouveler leurs pratiques pour faire progresser les réponses à apporter.

Roselyne Bachelot, ministre de la Solidarité et de la Cohésion sociale, a demandé au Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale de lui faire des propositions pour renforcer « la participation des personnes en situation de précarité lors de l’élaboration et de l’évaluation des politiques publiques les concernant ».

La CFDT, partie prenante de cette réflexion, s’appuie sur ses expériences et ses orientations. Qu’il s’agisse du droit d’expression, de la place dans la société civile et des partenariats avec le secteur associatif, la CFDT veut faire progresser à la fois la démocratie participative et la démocratie représentative. Ces deux approches légitimes doivent s’enrichir et non s’opposer.
Jacques Rastoul

(1) 1998 : loi de lutte contre les exclusions. 2002 : loi rénovant l’action sociale et médico-sociale. 2005 : loi égalité des droits et chances, participation et citoyenneté des personnes handicapées. 2008 : loi RSA et politique d’insertion.