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La pauvreté chez les seniors vue par le Secours populaire


Depuis dix ans, le Secours populaire français réalise avec l’Ipsos un sondage sur la pauvreté des seniors.

Sommaire du dossier
- Les revenus des retraités largement inférieurs aux actifs en emploi
- Alors, nantis les retraités ?
- Témoignages de solidarités intergénérationnelles
- Garantir à tous un niveau de vie décent
- La pauvreté chez les seniors vue par le Secours populaire
- Frédéric Sève (CFDT) : « Retraités et actifs doivent avoir une évolution solidaire de leur niveau de vie. »

Dans son édition 2017, il apparaît que parmi les seniors dont les revenus sont les plus modestes (inférieurs à 1 200 €), 58 % ont connu la pauvreté et 49 % craignent de la connaître. Dans un tel contexte, comment s’étonner que près d’un senior sur deux déclare ne pas parvenir à équilibrer son budget ?

Ces difficultés financières influent particulièrement sur leur accès à la santé. Ils sont 39 % à avoir le plus grand mal à payer certains actes médicaux peu remboursés par la Sécurité sociale et 31 % à financer une mutuelle. Les personnes âgées qui touchent de petites pensions de retraite ont du mal à faire face à l’augmentation des produits de première nécessité ou de l’énergie, aux charges liées au logement, aux dépenses de santé.

Quant à la capacité à faire face financièrement à une éventuelle dépendance, c’est une inquiétude pour une majorité des seniors. Même constat du côté du Secours catholique qui pointe « un appauvrissement progressif des personnes âgées depuis une quinzaine d’années  ». L’association caritative note que « les retraites et les aides de l’État ne suffisent parfois plus à faire face au coût de la vie, et de nombreux seniors se trouvent entraînés vers l’isolement et l’exclusion  ».

Profil des seniors pauvres

« Ce sont souvent des personnes âgées du monde rural, isolées, au logement vétuste. Ce sont elles qui se retrouvent seules après la disparition de leur conjoint : à deux, elles s’en sortaient ; toutes seules, elles se retrouvent sous le seuil de pauvreté. Et il y a toutes ces personnes âgées de 60-70 ans qui ont eu des carrières professionnelles heurtées après la crise des années 70 et qui, de fait, ne possèdent pas de droits pleins à la retraite  », observe Julien Damon, sociologue, spécialiste des questions de pauvreté et d’exclusion sociale.

« Même s’il y a un nombre important de personnes âgées qui ont des situations correctes, on trouve des situations beaucoup plus dramatiques que celles que l’on pourrait imaginer en regardant les chiffres de l’Insee  », estime-t-on chez les Petits frères des pauvres. Cette organisation note en particulier une présence croissante d’hommes de 55-65 ans, qui entrent dans une spirale descendante après avoir perdu leur emploi, leur logement, mais aussi de femmes de plus de 75 ans qui ont de toutes petites retraites.