Stats et études


La pénibilité au travail influe sur la qualité de vie des retraités


L'état de santé des travailleurs en fin de vie active et au-delà dépend des conditions de travail et plus globalement de la pénibilité de leur travail passé. Ces conditions de travail ont des incidences sur leur espérance de vie à la liquidation de leur retraite et sur l'altération de la qualité de vie au grand âge. C'est ce qui ressort d'un rapport de recherche.

L’amélioration des conditions de travail, liée aux évolutions techniques, économiques et sociales, a abouti à supprimer certaines activités et métiers pénibles. Mais elle est contrebalancée par les conséquences négatives de l’accélération des rythmes de travail et l’intensification continue du travail depuis une quinzaine d’années. Si les horaires longs se sont raréfiés depuis 1970, l’évolution des organisations du travail s’est accompagnée d’une expansion du travail de nuit, des horaires atypiques, irréguliers ou réajustés au jour le jour.

Les différentes formes de pression temporelle dans l’activité, la flexibilité et l’imprévisibilité des horaires, l’instabilité des collectifs de travail et des parcours resserrent les marges de manœuvre, accentuant la fragilisation avec l’âge de la régulation veille-sommeil.

Le risque de vieillissement accentué par le travail, de déclin de capacités, d’accentuation de déficiences liées à l’âge et de problèmes de santé différés, postérieurs à la vie active est essentiel à considérer et étaye la légitimité sociale de départs anticipés pour compenser cette usure par le travail.

Une synthèse des connaissances sur la pénibilité

On trouve ces conclusions dans le rapport du docteur Gérard Lasfargues, professeur de médecine et santé au travail au CHU de Tours, et intitulé « Départs en retraite et travaux pénibles ». Ce rapport s’inscrit dans la préparation de la négociation sur les départs anticipés en retraite pour travaux pénibles, prévue dans la loi du 21 août 2003. Ce rapport se focalise sur les expositions professionnelles dont « les effets à long terme sur la santé, incapacitants et potentiellement graves sont établis avec un niveau de preuve élevé ». Il s’agit d’un travail de synthèse, réalisé à partir de diverses sources de connaissances médicales, épidémiologiques, ergonomiques, sociologiques issues de plus de 100 études et rapports scientifiques.

L’auteur estime justifiée la mise en place d’une bonification ou de cessation anticipée d’activité pour les travailleurs soumis à ce type de conditions de travail pénibles au long de leur vie active. Il recommande de fixer par la négociation sociale des durées d’exposition ouvrant droit à bonification ou de fixer un temps de bonification par année de travail dans une telle situation de pénibilité.

Les pénibilités vécues au travail

Il existe une pénibilité plus subjective liée essentiellement à la perception et au vécu des conditions de travail. On peut notamment classer dans ce type de pénibilité tout ce qui ressort de la tension psychique ou du stress au travail pouvant exposer à court ou moyen terme à des décompressions psychologiques diverses ou à plus long terme à des risques coronariens.

L’objectif premier d’une prévention active est en effet de permettre aux travailleurs les plus anciens de quitter la vie active en bonne santé et aux plus jeunes de construire réellement leur santé au travail. C’est ce à quoi s’emploie activement la CFDT dans les négociations enfin entamées avec le patronat. Les bonifications pour travaux pénibles revendiquées par la CFDT sont un des moyens de corriger les inégalités de temps de retraite entre les différentes catégories professionnelles de salariés.

Les travaux pénibles mesurables objectivement

Dans ce rapport, sont notamment identifiés comme travaux pénibles susceptibles d’entraîner des effets à long terme, irréversibles pour la santé :
- les travaux en horaires alternants ou de nuit,
- les travaux à la chaîne ou sous cadences imposées,
- les travaux en manutention et plus globalement la pénibilité physique du travail,
- ou encore les expositions professionnelles à des agents toxiques cancérogènes.

Pour le Dr Lasfargues, ces travaux pénibles sont mesurables en termes objectifs :
- d’augmentation de morbi-mortalité pour les principales causes de décès comme les maladies cardio-vasculaires ou les cancers,
- de diminution d’espérance de vie sans incapacité,
- de vieillissement prématuré,
- ou d’altération de la qualité de vie au grand âge.

Source : Rapport reproduit ci-dessous.

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