Actu revendicative


La perte d’autonomie reste un enjeu de société


Le chantier sur la perte d'autonomie demeure un enjeu de société important. Sur les 15 millions de retraités, 10% à 15% sont touchés par une perte d'autonomie. Comment sont-ils pris en charge ? Les progrès apportés par la création de « l'allocation personnalisée à l'autonomie » (APA) en 2002 et les systèmes mis en place depuis ne sauraient masquer les limites auxquelles se heurtent aujourd'hui l'ensemble des personnes concernées. Limites auxquelles il est urgent de répondre.

L’apport des départements  : l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), financée à 73% par les conseils généraux qui en assument la gestion et le service, met à la charge des départements une dépense dont la croissance est régulière. De 2004 à 2009, les dépenses nettes d’APA sont passées de 2,2 milliards d’euros à 3,6 milliards d’euros. Dans ce contexte, 42 conseils généraux de droite viennent de menacer le Gouvernement de ne plus verser que les dépenses sociales compensées par l’État, soit 44 % du montant total.

Des inégalités territoriales  : l’APA est versée en fonction des revenus mais peut fortement varier d’un département à l’autre. La part restant à la charge des bénéficiaires en GIR 1 (grande dépendance) peut varier de 88 euros à 149 euros par mois. En matière d’hébergement, selon les territoires et le statut des établissements, le reste à charge peut être estimé entre 1 000 et 3 000 euros. On notera également de fortes disparités d’équipement.

Le « reste à charge »  : le niveau des prestations est insuffisant. Il ne permet encore pas à de nombreuses personnes et à leurs familles de faire face au reste à charge pour la partie des prestations liés à la perte d’autonomie (services à domicile, aménagement appartement, véhicule...) mais surtout pour la partie hébergement pour les personnes en établissement.

La convergence des prestations  : la loi du 11 février 2005 indique que dans un délai maximum de 5 ans, les distinctions entre les personnes handicapées en fonction des critères d’âge seront supprimées. En clair les dispositifs en vigueur ne devraient plus tenir compte de l’âge mais répondre aux situations des personnes quel que soit leur âge.

Nos attentes et nos propositions

Pour améliorer l’efficacité de la protection sociale et des dispositifs, la CFDT développe une panoplie de propositions autour de sept thématiques pour prendre en compte tous les aspects de la réalité.

Développer la prévention de la perte d’autonomie. La prévention est un enjeu majeur qui peut avoir un impact important pour faire reculer la survenance de la perte d’autonomie. L’éducation sanitaire et alimentaire, le maintien en activité physique et intellectuelle, une surveillance médicale régulière diminuent les risques. Le dépistage précoce, notamment des maladies neuro-dégénératives, doit être favorisé.

Améliorer l’organisation du système de soins et la prise en charge médico-sociale et sociale. Il est nécessaire de réorganiser le système de soins autour de la personne en perte d’autonomie. Pour cela, tous les acteurs institutionnels doivent mieux coordonner leurs interventions pour construire un dispositif qui assure une continuité dans la prise en charge et évite le recours fréquent à l’hospitalisation, voire aux urgences. Ces propositions supposent d’augmenter et de mieux répartir sur le territoire, le nombre de professionnels de santé et d’auxiliaires de vie sociale.

Hébergement. Des solutions alternatives existent à l’hébergement en Ehpad. Les petites unités de vie à taille humaine assurent une continuité avec les modes de vie antérieurs des personnes âgées. Par ailleurs, elles proposent des services communs (repas, buanderie, bibliothèque).

Renforcer l’attractivité des métiers. Il est indispensable d’améliorer l’attractivité des métiers concernés avec une réelle professionnalisation (du soin à l’accompagnement), la reconnaissance des qualifications acquises par la formation et l’expérience, une rémunération prenant en compte cette qualification, une amélioration des conditions de travail (charge de travail, organisation du travail, trajet, etc.).

Renforcer l’aide aux aidants familiaux. Faut-il souligner le rôle important des femmes avec parfois un déroulement de carrière chaotique ? Il convient donc de trouver des mesures qui soutiennent et accompagnent les aidants qui en font le choix. La CFDT souhaite que se multiplient toutes les solutions de répit temporaire. Elle souhaite favoriser la formation des aidants familiaux. Des plateformes d’écoute et l’accès à des groupes de parole et d’échange permettront d’identifier les situations d’épuisement.

Penser l’urbanisme, adapter les logements aux besoins de la personne âgée. Ralentir la perte d’autonomie c’est aussi adapter son logement bien en amont. Un investissement massif dans ce domaine peut aider au développement des dernières innovations concernant la domotique, les aménagements préventifs des accidents domestiques.

La gouvernance. Compte tenu de son expérience et du fonctionnement de la CNSA, la CFDT considère que ce mode de gouvernance est pertinent pour mettre en œuvre ses objectifs de transversalité dans la prise en charge.

La loi reste encore en attente. On le sait. Mais personne ne sait encore quel en sera le contenu réel.

Notre initiative « carte pétition » a été relayée partout en France. Suite à la conférence de presse de l’UCR, du 3 octobre dernier, le site AgeVillage (www.agevillage.com) spécialisé dans le conseil aux personnes, à leur famille et aux professionnels en gérontologie, a décidé de soutenir l’opération de la CFDT Retraités. Et, plus encore, a demandé de s’y associer !

Ce partenariat ouvre la voie à d’autres soutiens. L’équipe d’AgeVillage vient en effet d’adresser une présentation de notre initiative à la plupart des associations et organismes engagés dans le champ gérontologique, et regroupés au sein du collectif « Une société pour tous les âges. »

Il nous reste à trouver la déclinaison de notre initiative en intersyndicale UCR. La prochaine rencontre a lieu début novembre, avant une nouvelle réunion de travail avec la ministre.

D’ici là les cartes pétition auront été remises au Président de la République. Dans chaque préfecture fin octobre vos responsables de la CFDT Retraités auront remis les cartes pétition au préfet qui les fera suivre à l’Elysée. Au fait avez-vous rempli la vôtre ? Il vous est possible, sans tarder, de la télécharger sur le site de la CFDT Retraités.

Forte des résultats de notre action, notre détermination doit bousculer le monde politique et gouvernemental. Lui faire prendre conscience que nous représentons une force citoyenne, solidaire et… électorale.

Il est nécessaire de réorganiser le système de soins autour de la personne en perte d’autonomie. (photo Françoise Stijepovic)