Nos déclarations


La ré-indexation des pensions s’impose pour tous les retraités


L'indexation sur les prix d'une partie des pensions serait une ineptie sociale.

Alors que les annonces de sortie du Grand débat national ont été retardées, la presse fait état de mesures que l’Élysée jusqu’ici n’a ni confirmées ni commentées.

Parmi celles-ci figurerait la ré-indexation sur l’inflation des seules pensions inférieures à 2 000 euros mensuels. Cette mesure, et la CFDT Retraités l’a déjà fait savoir, serait une ineptie sociale. La retraite, quel que soit le niveau, résulte des efforts contributifs en lien avec la carrière. La désindexation des pensions pour 2019 était déjà un coup de canif au contrat social entre les retraités et les générations qui suivent. Une revalorisation différenciée en fonction du niveau des retraites ajouterait une nouvelle rupture avec le caractère contributif de la retraite, en créant des injustices supplémentaires.

Pour un rattrapage pour 2019 et retour à une entière indexation des pensions en 2020

Cette mesure partielle ne saurait être la juste réponse aux attentes des retraités qui ont pris de plein fouet, depuis le début du quinquennat, les arbitrages budgétaires du gouvernement. Elle laisserait de côté plus de trois retraités sur dix, les mêmes, et encore les seuls, dont la hausse de 1,7 point de CSG en janvier 2018 n’a toujours pas été effacée.

La CFDT Retraités revendique pour tous les retraités des mesures de rattrapage pour 2019 et le retour à une pleine et entière indexation des pensions en 2020. Afin que les retraités ne soient pas définitivement exclus des bénéfices de la croissance, les retraites doivent évoluer en fonction des salaires.

Pour une revalorisation du minimum contributif, une vraie urgence sociale

La revalorisation du minimum contributif, dont le niveau est insuffisant au regard d’une vie entière au travail, est une vraie urgence sociale. Le gouvernement ne doit plus l’ignorer. Contrairement à ce que prescrivait la réforme des retraites de 2003, les retraités qui ont effectué une carrière complète au Smic n’atteignent toujours pas un niveau de pension égal à 85 % du Smic net. Et ce rapport va encore s’effondrer dans les prochaines années, si rien n’est décidé. La CFDT Retraités réaffirme sa revendication d’un minimum de pension totale, pour une carrière complète, équivalant à 100 % du Smic net.

Pour un financement universel de la perte d’autonomie basé sur la solidarité nationale

La CFDT Retraités salue les propositions du rapport Libault pour améliorer la prise en charge de la perte d’autonomie dans le cadre d’un nouveau risque de protection sociale. En particulier, la recommandation d’un financement public supplémentaire de 6,2 milliards d’euros par an dès 2024, et de 9,2 milliards par an dès 2030, nous paraît à la hauteur de l’enjeu. La CFDT Retraités maintient sa revendication d’un financement universel basé sur la solidarité nationale. Elle s’opposera à d’autres propositions de financement, comme le recul de l’âge de départ à la retraite, l’instauration d’une nouvelle journée de solidarité ou la fin des 35 heures, mesures qui soumettent aux seuls arbitrages budgétaires le devenir de l’ensemble du système de protection sociale.

La CFDT Retraités appelle à suivre les préconisations du rapport et s’inscrira avec la Confédération dans les concertations qui s’organiseront dans le cadre du futur projet de loi « grand âge ».

Déclaration du bureau national de la CFDT Retraités réuni à Bierville le 24 avril 2019