Actu revendicative


La révolution à vapeur


Au début du XVIIIe siècle, il a donc peu de temps dans l'histoire de l'espèce (environ une demi-seconde dans la vie d'un centenaire), l'homme s'est aperçu que si l'on chauffait de l'eau dans une boite fermée celle-ci finit par exploser. À moins qu'on laisse échapper régulièrement la vapeur par une soupape. Le monde va alors basculer !

Quand le bois devient rare et cher, l’homme invente… le premier modèle de machine thermique à vapeur, que nous appellerons Mather dans la suite. Une véritable révolution qui va provoquer le développement de la cocotte-minute, de la locomotive, du bateau à vapeur et de l’usine avec machine à vapeur.

La cocotte-minute, grâce à une tare de 100 g (la soupape qui tourne) et parce que la température est plus haute, permet de cuire le pot-au-feu plus vite.

La même invention va bouleverser les transports. Dans la locomotive, la vapeur pousse des pistons dans un sens puis dans l’autre. Ainsi, elle fait tourner des roues de fer, sur des chemins de même métal (pour diminuer les frottements). Les trains roulent à gauche suivant la culture anglaise d’origine, importée en France. Ces premières Mather mobiles consomment beaucoup d’eau et sont donc dépendantes des châteaux d’eau. Ils sont en bois aux USA où ils ont disparu sauf dans les westerns. Ils sont en dur en France et constituent aujourd’hui des friches sur les lignes Corail.

Le bateau oublie aussi le bois, il est devenu métallique. Il s’affranchit des galériens et du vent grâce à l’hélice que fait tourner sa Mather dans la salle des machines. Cela va provoquer le développement de la colonisation puis de la mondialisation des échanges. La main passe de Venise, la Hanse, l’Espagne, le Portugal, vers le Royaume Uni de Grande-Bretagne.

Le charbon remplace le bois

L’usine elle-même, disposant de la force mécanique de la Mather, la redistribuera dans les ateliers par des courroies. De là, la classe ouvrière, la dictature du prolétariat et alléluia le syndicalisme. Et tout cela parce que le bois était devenu une ressource rare et chère en Grande-Bretagne !

La Mather a réponse à tout ou presque. Elle fournit l’énergie nécessaire pour la nourriture : le charbon, ancien compost fossilisé enfoui dans la terre (1). Elle transporte les hommes, ruraux et les immigrés, polonais par exemple, vers les « bassins d’emplois ». Elle y conduit les bêtes y compris les chevaux qui ne remontent jamais du fond de la mine. Elle achemine, fusse du bout du monde, les matières premières nécessaires aux usines où le charbon fournit énergie thermique et mécanique. Elle livre les produits fabriqués vers les clients. Elle permet même de chauffer les logements en hiver en fournissant du combustible plus concentré que le bois et à combustion plus régulière.

Cela aura plusieurs traductions. Les romans anglais à Londres du XIXe sombrent dans le brouillard de pollution (le fameux smog de « mon cher Watson »). Et les « bougnats » distribuent le charbon dans les caves des immeubles bourgeois à Paris et ailleurs.

L’orgueil humain est au plus haut. Les utopies fleurissent, admiratives, alternatives, critiques. La science-fiction explose. Personne ou presque ne prévoit que l’addiction au charbon laisse des traces longues dont le gaz carbonique qui n’est présent que dans les bulles de champagne ! Et puis le pétrole apparaît au bout d’un bon siècle de domination de la houille noire. À suivre…

(1) Le précédent article a fait remarqué que notre très précieuse et indispensable atmosphère ne représente que quelques millimètres autour du ballon planisphère avec lequel Charlot joue dans « le Dictateur ». Ce que nous pouvons exploiter dans notre sous-sol est globalement du même ordre de grandeur, soit très peu.