Stats et études


La solidarité par la finance


Les retraités sont généreux avec les « bonnes causes ». ATD Quart Monde ou les Restaurants du cœur le savent bien, par exemple. Mais l'épargne aussi peut être solidaire. Explications.

À la CFDT, il n’est pas dans notre culture de parler « gros sous ». Pourtant, il faut se rendre à l’évidence : c’est presque toujours l’argent qui mène le monde. Non, je ne vous emmène pas dans les vertes prairies du libéralisme, surtout pas. J’attire votre attention sur l’épargne solidaire, car vous pouvez, avec votre argent, changer un peu le cours des choses.

L’épargne solidaire finance des projets solidaires

L’épargne solidaire est un moyen pour des personnes pas forcément fortunées, mais pas non plus démunies, de mettre un peu d’argent dans une tirelire collective. Elle rapporte au moins autant que le livret d’épargne.
Placé par le banquier, cet argent rapportera davantage, mais pas à l’épargnant.

L’enjeu est le suivant. D’une part l’investisseur ne perd rien sur son pouvoir d’achat puisqu’il reçoit au minimum autant que s’il était sur un livret d’épargne. D’autre part, cet acte permet à des gens démunis, soit dans un pays en développement, soit chez nous, d’obtenir un pécule pour un projet de création d’entreprise. Il leur permet ainsi de sortir de leur condition d’assistés.

Selon le « baromètre des finances solidaires » réalisé par Ipsos [1], 26% des sondés ont « déjà entendu parler de l’épargne solidaire » et 29% d’entre eux « pourraient souscrire » à ce type de produit. Comme pour le commerce équitable, beaucoup de personnes se reconnaissent dans cette forme d’action solidaire. Générosité, partage, solidarité, ce sont des valeurs sur lesquelles se fonde la CFDT.

Investissement solidaire ou partage

Il existe deux types d’épargne solidaire :
- l’investissement solidaire : au moins 5 à 10% des encours doivent être destinés au financement de projets solidaires, le reste étant investi dans des titres socialement responsables ;
- le partage : une partie du revenu généré par l’épargne est redistribuée sous forme de don à des organismes solidaires ; pour être solidaire, au moins 25% des revenus doivent être donnés à des organismes solidaires choisis par l’épargnant.

Tout comme pour le commerce équitable, il reste encore des zones à clarifier. Les épargnants qui s’engagent dans cette voie veulent des garanties. Ils ont besoin d’un système ouvert, transparent, avec des repères, compréhensible. Pour compléter cet article, nous sommes allés voir Edmond Maire.

Des résultats

Voici quelques résultats très significatifs des finances solidaires. Depuis l’origine, plus de 4 000 000 de microcrédits ont été accordés pour un financement local de 820 institutions de microfinance dans 94 pays. Près de 110 000 emplois ont pu être créés en France pour des personnes en situation de grande exclusion à travers le financement de 60 000 projets et plus de 6 000 familles en situation de précarité ont pu être logées.
En 2005, l’épargne solidaire a permis de financer 11 000 entreprises, de créer ou consolider 19 000 emplois, de loger 605 nouvelles familles, de financer 477 projets environnementaux, bio, écologiques ou culturels en France.
Source : Association Finansol (fédère les acteurs des finances solidaires).

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