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La sous-indexation des pensions est un accroc inacceptable au contrat social


Le gouvernement a décidé de limiter la revalorisation des pensions de retraite à 0,3 % en 2019 et 2020, un taux largement inférieur à celui de l’inflation. Une mesure injuste et sans précédent qui a un impact redoutable sur le revenu disponible des retraités.

Jamais le pouvoir d’achat des retraités n’a été autant malmené : pas plus de 0,3 % au 1er janvier 2019 pour les retraites de base. Cette décision du gouvernement de revaloriser les retraites à un taux largement inférieur à celui de l’inflation passe très mal auprès des retraités.

Difficile à admettre alors que l’exécutif avait déjà reporté la date de revalorisation de trois mois, d’octobre à janvier. Pour les retraites aussi, et pas seulement pour les impôts, l’année 2018 aura été déjà une année « blanche ».

Rien que cette année, les retraités perdront 1,3 point de pouvoir d’achat. C’est une revalorisation de 1,6 % qui aurait dû s’appliquer en janvier dernier. Ce sera une perte de 220 € par an pour un retraité vivant avec une pension mensuelle de 1 350 €. Comme si cela ne suffisait pas après l’augmentation de la CSG.

Avec cette désindexation et l’effet cumulé de la CSG, pour un couple de retraités qui dispose de revenus juste supérieurs au seuil d’assujettissement au taux de 8,3 %, il y aura un impact négatif, de 3 %, soit 1 238 € de perte annuelle.

Une mesure redoutable

« En 2019, du fait de la sous-indexation des pensions de retraite, l’impact des mesures retenues serait globalement négatif sur le revenu disponible des retraités », relève une étude de l’OFCE. La perte de pouvoir d’achat fera boule de neige. Elle sera plus du double si le niveau de l’inflation reste le même l’an prochain.

Certains ménages de retraités devraient quand même bénéficier de mesures plus favorables comme l’exonération de la taxe d’habitation, la revalorisation de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) ou encore l’exonération de la hausse de la CSG. S’il est vrai que l’effort demandé est plus important pour les ménages les plus aisés, la sous-indexation des pensions n’en reste pas moins une mesure redoutable pour les plus modestes.

Une volonté de faire des économies

Les pensions de base sont indexées sur l’évolution en moyenne annuelle de l’indice des prix à la consommation (hors tabac). Ce n’est pas la première fois que l’on déroge à cette règle.

Le gouvernement précédent avait déjà gelé la revalorisation en 2014, sans effet, du fait d’une inflation nulle. Par la suite, les pensions ont stagné, mais cette stagnation était due à une absence d’inflation.

Aujourd’hui, la sous-indexation signe de fait une dévaluation durable des retraites, ou dit plus simplement, une baisse des retraites. Et si le président de la République faisait, en décembre dernier, « amende honorable » et annulait la hausse de 1,7 point pour un certain nombre de retraités, pas question de renoncer à la sous-indexation, une mesure particulièrement inique. Il faut y voir une volonté farouche de réaliser des économies : 5,2 milliards d’€ en deux ans, près de 6 milliards d’€ escomptés à l’horizon 2022.

Ce qui trouve peu de justification, alors que l’équilibre financier du système des retraites n’apparaît guère menacé.

Ombretta Frache

Une nouvelle atteinte au pouvoir d’achat des retraités.