Actu revendicative


La vérité sur le coût des soins pour les retraités


Un récent rapport du Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie (Hcaam) analyse les conséquences du vieillissement de la population française et de la longévité croissante sur les dépenses de santé de l'assurance maladie. Cette étude vient à point alors qu'on entend souvent parler de la charge financière des personnes âgées pour la sécurité sociale.

Le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie est clair sur la réponse à donner. Effectivement, la demande de soins croît avec l’âge, ce qui entraîne un transfert de ressources en direction des personnes âgées.

Un précédent rapport avait déjà mis en évidence cette situation qui est la manifestation d’une solidarité au sein de l’assurance maladie : transfert des populations les plus jeunes vers les plus âgées, des personnes seules vers les familles avec enfants, des assurés les plus riches vers les plus modestes…

De fait, ce n’est pas l’âge en lui-même qui explique cette croissance des dépenses. C’est l’augmentation des maladies qui sont plus nombreuses, plus fréquentes et plus graves. C’est donc la concentration des maladies qui explique la croissance des dépenses.

Ce phénomène n’est cependant pas exagérément fort. Deux chiffres permettent de l’illustrer. Les dépenses d’une personne de 80 ans sont environ trois fois plus élevées que celles d’une personne de 50 ans, principalement à cause des frais hospitaliers. La dépense lors de la dernière année de vie (et celle-ci peut intervenir à tout âge) ne représente que 7 à 8% de la dépense faite sur toute une vie.

Le poids des personnes de plus de 75 ans dans les dépenses d’assurance maladie n’est pas un élément majeur dans l’évolution globale des dépenses. Le vieillissement de la population ne représente qu’environ 10% de la hausse moyenne de la consommation de soins et de biens médicaux.

Par contre le rapport met en évidence un accroissement plus important des dépenses au-delà de 75 ans sans en trouver d’explications claires dans l’état actuel des études.

L’inadaptation du système de soins

Le rapport fait une critique sévère des dysfonctionnements du système de soins : incohérences des prescriptions, accumulation d’examens, recours exagéré des personnes âgées aux services d’urgence.

Il note que notre système de soins, bien que performant dans le traitement de maladies isolées, est inadapté pour la prise en compte des maladies multiples affectant des personnes fragiles. Cette inadaptation se traduit par des coûts pénalisant l’assurance maladie.

Elle est responsable d’une part importante des dépenses de soins. Par exemple, 20% des hospitalisations de personnes de plus de 80 ans sont liées aux effets iatrogènes de médicaments : effets indésirables, incompatibilité de médicaments…

Pour les rédacteurs du rapport, « coordonner les soins, c’est encore soigner », cette affirmation devrait ouvrir la porte à un autre exercice de la médecine et à la nécessité de revoir notre système de soins pour aller vers plus de coordination entre les différents acteurs. C’est un objectif assigné aux ARS (Agences régionales de santé) qui se mettent en place. L’avenir dira si leur action aura été efficace dans ce domaine.

François Hun

Source : Avis du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie sur « Vieillissement, longévité et assurance maladie ».