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Le Constat de Grenelle


Cinquante ans après, le « Constat de Grenelle », appelé à tort « Accords de Grenelle » puisqu’aucune des organisations syndicales n’acceptera de le signer, est encore présent dans les mémoires de beaucoup de nos contemporains, à tel point que le nom de Grenelle a été utilisé pour désigner des consultations plus récentes.

Sommaire du dossier
- Mai 68 et la CFDT
- La grande grève de Mai 68
- Aux origines de Mai 68
- 1968 ou l’année de tous les possibles en France et en Europe
- Témoignage de Geo Goubier
- Cinq faits influencent Mai 68
- Le Constat de Grenelle
- « La CFDT a su faire le lien entre la lutte des étudiants et celle menée dans les entreprises »
- Témoignage sur des souvenirs de Mai 68
- Témoignage sur l’esprit de Mai 68

Rappelons les faits : face à la généralisation de la grève et à une France bloquée, Georges Pompidou, Premier ministre, ouvre le 25 mai des négociations auxquelles participent le gouvernement, le patronat et les organisations syndicales.

Dans sa déclaration initiale, Eugène Descamps exige tout d’abord que « les problèmes posés par la démocratisation de l’université et de l’enseignement soient résolus dans les plus brefs délais  ». Ainsi, la CFDT est la seule organisation, avec la FEN (fédération de l’éducation nationale), à mettre en parallèle le mouvement étudiant et les revendications des travailleurs. Il pose ensuite deux préalables :
- le dépôt immédiat d’une loi fondamentale sur l’exercice des libertés et du pouvoir syndical dans les entreprises,
- l’abrogation des ordonnances portant réforme de la Sécurité sociale.
Il enchaîne en demandant au gouvernement s’il est décidé à « prendre des mesures immédiates concernant le SMIG, l’amélioration du sort des plus défavorisés, une politique de plein emploi  ».

Durant les jours qui suivront vont alterner commissions et négociation générale abordant tour à tour les droits syndicaux, la durée du travail, l’âge de la retraite, l’emploi, les salaires.

Le droit au syndicat dans l’entreprise est acté

Les négociations aboutissent le 27 mai au matin à un projet de protocole d’accord sur un certain nombre de points : augmentation du SMIG dont le taux horaire est porté à trois francs au 1er juin, évolution des salaires et des rémunérations, réduction de la durée du travail en vue d’aboutir à la semaine de 40 heures, engagement sur la révision des conventions collectives et enfin, ce à quoi tenait depuis longtemps la CFDT, engagement sur le droit syndical qui va se traduire par le droit à la constitution de sections syndicales dans les entreprises.

Pourtant, les travailleurs, à commencer par ceux des usines Renault-Billancourt, trouvent ces résultats insuffisants, bientôt suivis par une majorité d’organisations et la grève se poursuit dans le pays. Ce même 27 mai, alors que s’engagent des négociations dans les secteurs publics et nationalisés, un meeting a lieu au stade Charléty en présence de Pierre Mendès France, avec notamment l’intervention remarquée de Fredo Krumnow, secrétaire général de la fédération CFDT Hacuitex.

Restent que ces « accords », même s’ils n’ont jamais été signés, ouvrent néanmoins des possibilités de relations sociales dans les entreprises et d’une relance de la négociation.

Parmi les participants au Grenelle, la délégation CFDT conduite par Eugène Descamps accompagné par René Mathevet, René Bonéty, Jean Maire, François Lagandré, et Paul Caspard. (Photo KEYSTONE/Coll. Archives CFDT, CE6/1968/1000)