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Le bio dans la restauration collective


Utiliser les circuits alimentaires de proximité, proposer des produits exempts de composés chimiques, l’introduction des produits biologiques est loin d’être une pratique courante, mais certaines structures font preuve d’innovation.

Bien manger pour bien vieillir est un principe de référence lorsqu’il est question de l’alimentation des personnes âgées en maison de retraite et de leur qualité de vie. Mais parfois l’alimentation n’est plus vraiment une priorité pour elles.

Afin de leur redonner l’envie de se nourrir, malgré un plaisir gustatif diminué, en raison principalement de la prise de médicaments, les établissements doivent mettre l’accent sur la qualité des produits. L’introduction des produits biologiques dans ces structures peut être une réponse.

L’odorat et le goût jouent un rôle important. Proposer des produits locaux, notamment des légumes et des fruits qu’on consomme crus, mais aussi des produits de saison, est un plus pour le bien-être et la santé des personnes.

L’argument le plus souvent avancé pour privilégier les plats conventionnels est que le bio coûte plus cher. Les structures qui servent du bio dans les assiettes soutiennent qu’une meilleure gestion des déchets et la lutte contre le gaspillage réduisent considérablement le coût des repas.

Les initiatives locales

Ils sont 77 % de Français à souhaiter des produits bio dans les maisons de retraite. Certaines communes ou départements ont déjà fait ce choix. Elles ont pris des initiatives innovantes. C’est ainsi que le département de la Côte-d’Or a acheté, en octobre dernier, 20 hectares de terres agricoles pour y produire des légumes qui approvisionneront, à partir de 2020, les collèges et les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

L’objectif est d’atteindre 20 % de légumes biologiques locaux pour servir quelque 8 millions de repas dans ses collèges et ses Ehpad. Cette initiative à trois objectifs : développer le soutien aux filières locales, encourager les circuits courts et le « bien manger » en matière de restauration collective, et répondre à la demande croissante de produits bio. Ou encore, considérant que l’alimentation est primordiale pour la santé, le département de la Loire a mis en place une politique d’approvisionnement de produits bio et locaux dans les maisons de retraite. Une manière aussi de soutenir l’emploi et de diversifier son alimentation en mangeant au rythme des saisons.

L’objectif de 50 % de bio

Lors de la clôture des États généraux de l’alimentation qui se sont déroulés pendant cinq mois (20 juillet-21 décembre), le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a annoncé : « La restauration collective devra s’inscrire en soutien du développement d’une offre en produits durables. D’ici à 2022, elle devra ainsi s’approvisionner à 50 % en produits biologiques, locaux ou sous signes officiels de qualité. »

Un bien bel objectif inscrit dans un projet de loi sur l’alimentation qui sera examiné à partir du 22 mai à l’Assemblée nationale. Passer au taux de 50 % de produits biologiques ou locaux dans la restauration collective est un grand pas. Reste à convaincre et à passer aux actes.

Corinne Grincourt