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Le gouvernement face au manque d’effectifs et aux difficultés de recrutement


La CFDT comme de nombreux représentants des salariés et des usagers s’inquiètent des problèmes d’emploi, de conditions de travail, tant dans les Ephad que dans le secteur du domicile. Tous désapprouvent le report de la future loi Grand âge et autonomie à 2020. Voici les réponses du gouvernement.

Lors de son intervention à l’Assemblée nationale, le 8 janvier 2020, la ministre des Solidarités et de la Santé a voulu se montrer rassurante et a évoqué certains axes prioritaires du projet de loi et l’augmentation de 25 % des effectifs.
Tenant compte du constat dressé par le rapport El Khomri sur le morcellement des métiers et l’incapacité à recruter, Agnès Buzyn a mentionné les trois axes prioritaires de travail pour répondre à la situation :
- la revalorisation, y compris financière ;
- la révision de la formation initiale et continue ;
- la mise à disposition de budgets pour le maintien à domicile.

Comme préconisé par le rapport Libault, la ministre a aussi annoncé vouloir se rapprocher de l’augmentation de « 25 % du taux d’encadrement à l’horizon 2024 par rapport à 2015, ciblée sur le personnel de proximité contribuant directement à la qualité de vie non seulement des soignants mais aussi des personnes hébergées. C’est sur la base de cet objectif que le projet de loi sera élaboré puis soumis au Parlement. »

La question du reste à charge a aussi été abordée. Question qui « sera au cœur du projet de loi » a affirmé Agnès Buzyn avant de poursuivre : « Les mesures que nous pourrions prendre dans les mois à venir doivent veiller, d’une part, à respecter un principe d’équité intergénérationnelle et à ne pas organiser un transfert des actifs vers les générations nées dans l’immédiat après-guerre, et, d’autre part, à respecter un principe d’équité intragénérationnel en améliorant en priorité la situation et la prise en charge des personnes âgées les moins bien dotées en termes de revenus ou de patrimoine. »
Le gouvernement travaille par ailleurs à la simplification de la répartition entre les frais liés à la dépendance et ceux liés aux soins.

Repenser l’accompagnement à domicile

Afin de correspondre au souhait des Français de vieillir à leur domicile, la ministre souhaite développer des dispositifs de coordination, permettant de « renforcer le lien entre l’aide à la personne, la prévention de la perte d’autonomie, l’accompagnement médico-social et le soin ».
La mise en place de guichets uniques devrait mettre fin au chemin de croix souvent vécu par les familles en leur proposant une meilleure accessibilité à l’accompagnement ainsi qu’aux soins intégrés.
Enfin, entre l’Ehpad, qui doit être selon la ministre « une solution d’ultime recours », et le domicile, des solutions d’hébergements intermédiaires devraient figurer dans la proposition de loi, à travers « de petites unités de vie dotées d’une qualité de services ».
Espérons que cette future loi qui doit être, selon Édouard Philippe, « un marqueur social du quinquennat », ne soit pas que des paroles, mais des actes. Des moyens à la hauteur sont attendus au vu de la crise dans les secteurs du domicile et des Ehpad.

Jacques Rastoul

Avec des ratios améliorés, le soignant serait plus disponible et moins stressé.