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Le musée du Louvre au-delà des frontières


Le Louvre est aujourd’hui le plus grand musée du monde. Ce bâtiment palatial est devenu musée le 10 août 1793.

Le 8 novembre 2017, aux Émirats arabes unis, le président Macron et le cheikh Mohammed Ben Zayed Al-Nahyan ont inauguré un nouveau musée : le Louvre d’Abu Dhabi. Né d’un accord gouvernemental, ce musée qui reprend le nom de l’emblématique musée français se propose d’être un lieu central de dialogue entre les cultures, poursuivant ce qui depuis l’origine est un des rôles du musée du Louvre.

La construction du Louvre parisien s’étend sur huit cents ans. C’est d’abord une forteresse militaire édifiée par Philippe Auguste en 1190 à la limite du Paris médiéval. Puis tous les rois successifs démolissent, reconstruisent, remanient ce qui devient demeure royale. Le dernier acte architectural d’envergure est la pyramide de Pei en 1989 qui marque désormais l’entrée monumentale du Louvre aux visiteurs. Car le bâtiment palatial est devenu musée le 10 août 1793 : les révolutionnaires veulent mettre à la disposition des citoyens les collections royales et les œuvres confisquées aux congrégations religieuses.

Le rayonnement de la France

Le Louvre est aujourd’hui le plus grand musée du monde avec des dizaines de milliers d’œuvres qui ont attiré 7,4 millions de visiteurs en 2016, dont 70 % d’étrangers. Mais les œuvres aussi voyagent. Quand le général de Gaulle est président, le ministre de la Culture André Malraux, soucieux du rayonnement de la France, envoie deux ambassadrices de charme par-delà les mers : la Joconde aux USA en 1962 et 1963, et la Vénus de Milo au Japon en 1964. Devant le succès rencontré, cette démarche est renouvelée en 1974 : la Joconde est exposée au Japon et à Moscou, et connaît un afflux extraordinaire d’amateurs d’art. Au Japon, on doit limiter le temps de contemplation à neuf secondes par visiteur ! Mais la fragilité des deux œuvres les plus célèbres du musée les condamne désormais au séjour parisien.

Le Louvre des terrils et le Louvre des sables

Sous la présidence de Chirac se dessine un mouvement de décentralisation des musées parisiens. C’est le plus emblématique de tous, le Louvre, qui adhère en priorité à ce projet. Et dans la ville de Lens, sinistrée par l’extinction de l’activité minière, s’ouvre, en 2012, le petit frère du Louvre, le Louvre-Lens. Le musée déploie une muséographie originale, les œuvres de différentes civilisations sont présentées de façon chronologique, formant une très pédagogique Galerie du Temps qui attire devant ses collections les populations de la Belgique et du Nord et donne à Lens une image attractive.

Le Louvre d’Abu Dhabi relève d’une tout autre démarche. Deux États, la France et les Émirats arabes unis ont entamé une collaboration gouvernementale et culturelle autour de la naissance d’une institution : le premier musée universel du monde arabe, inauguré en 2017. Contre une manne d’un milliard d’euros, 13 musées français sont associés et prêtent leurs œuvres en attendant que le musée constitue sa propre collection. Le Louvre, dont le nom est utilisé, est le premier bénéficiaire. Dans un projet architectural virtuose conçu par Jean Nouvel, le musée d’Abu Dhabi explore les connexions entre les pays, mettant dans une même vitrine des objets de civilisations différentes. La muséographie veut faire dialoguer les cultures dans un souci de tolérance et de diversité culturelle.

Le Louvre continue ainsi sa mission, qui est de faire connaître et de confronter les œuvres d’art par-delà les frontières et le temps.

Françoise Berniguet

Le Louvre défie les siècles et les frontières