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Le plan santé répond-il aux besoins d’une population vieillissante ?


L’ambition de « Ma santé 2022 » est de créer sur les territoires un véritable collectif de soins qui associe les professionnels de santé de tous les métiers, les hôpitaux, les professionnels de ville et du secteur médico-social.

D’abord promise pour la fin mai 2018 mais plusieurs fois reculée, la stratégie de transformation du système de santé a été présentée par le président de la République le 18 septembre. L’orientation générale de ce plan appelé « Ma santé 2022 », qui vise à « remettre le patient au centre pour garantir à tous les Français un accès à des soins pertinents et de qualité » a plutôt rencontré un bon accueil.

La CFDT y retrouve de nombreuses propositions qu’elle a, pour certaines, défendues depuis longtemps. Ces réactions positives se comprennent mieux lorsque l’on sait que les analyses et les propositions du gouvernement s’appuient très largement sur les préconisations des derniers travaux du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM), qui regroupe toutes les parties prenantes du monde de la santé, au sein duquel la CFDT est très présente.

En perspective une ambitieuse refonte du système de santé

L’ambition affichée est d’amorcer une profonde transformation du système de santé. Le plan est organisé autour de trois axes : « Mettre la qualité au cœur du système de santé ; Créer un collectif de soins au service des patients ; Repenser les métiers des soignants et leur formation initiale ».

« L’exercice isolé doit devenir l’exception d’ici à 2022 ». Autour de cette affirmation du président de la République qui sonne agréablement à nos oreilles, « Ma santé 2022 » prône de grands changements dans l’organisation du système de santé : regroupement des médecins, infirmiers, autres professions paramédicales dans des « communautés professionnelles », coopération « ville »-hôpital, création d’un nouveau métier d’assistants médicaux (une première étape de 4 000 d’ici 2022), nouvelle organisation hospitalière avec un maintien et même un renforcement d’une offre hospitalière de proximité, en lien avec les professionnels exerçant sur les territoires.

L’ensemble des préconisations sont déclinées en 54 mesures : par exemple permettre à tous les Français d’être pris en charge dans la journée en cas de nécessité par la médecine de ville, désengorger les urgences hospitalières saturées, développer la télémédecine, mais aussi améliorer la qualité de la prise en charge (optique dentaire, audioprothèses) et fusionner l’aide à la complémentaire santé (ACS) et la couverture maladie universelle (CMU)…

Des mesures pour les retraités

Certaines des préconisations nous concernent plus particulièrement pour prévenir la perte d’autonomie : s’appuyer sur la médecine du travail pour améliorer la prévention et le repérage des risques de fragilité lors du départ à la retraite, organiser le repérage et la prise en charge des personnes les plus vulnérables et les plus éloignées de l’accès à l’information, à la prévention et aux soins, promouvoir une alimentation adéquate et une activité physique régulière et adaptée pour limiter les risques de dénutrition et maintenir à domicile les personnes âgées, fragiles ou polypathologiques.

Le discours du Président est intéressant, le diagnostic est bon, le plan est ambitieux. Encore faudra-t-il disposer de moyens financiers et humains suffisants, pour sortir du « dire ». C’est l’enjeu essentiel.

Annie Kuhnmunch et Yves Vérollet

L’hôpital de proximité, pivot des soins.