Actu revendicative


Le système de soins confronté au libéralisme


Les récents débats au Parlement ont mis en évidence le poids des idées libérales portées par les organisations de médecins. Elles sont fortement relayées par les députés et sénateurs dont nombre d'entre eux sont issus du milieu médical.

Tous les médecins ne sont pas en accord avec ces idées. Mais ces idées contraires à une conception collective et solidaire s’imposent par la pression des organisations de médecins. La CFDT revendique le droit pour tous d’avoir accès à des soins de qualité partout et à tout moment. Le lobbying médical fait progresser les libertés individuelles et les droits des médecins et non ceux des usagers.

La liberté d’installation des médecins a été âprement défendue par les syndicats médicaux au détriment d’une meilleure répartition géographique des médecins. Ainsi l’amélioration de l’accès aux soins est reportée à plus tard, laissant la porte ouverte à la désertification médicale de certaines zones rurales et de certains quartiers sensibles.

Si les médecins voient progresser leurs libertés, les justes revendications des malades régressent. La liberté pour les médecins de choisir leurs malades et de refuser de prendre en charge les titulaires de la CMU est un total et inadmissible renversement de choix. Auparavant le malade avait la liberté de choisir son médecin. Maintenant on s’oriente vers une situation où le médecin choisira ses patients !

La liberté de tarification a été confortée. Ainsi, dans les établissements hospitaliers privés ayant une mission de service public, les tarifs opposables ne seront pas obligatoires. Les malades continueront à être pénalisés par des dépassements d’honoraires, même dans les zones où les établissements hospitaliers publics sont absents ou n’assurent pas toutes les compétences.

Ainsi, des libertés mal choisies conduisent à une libéralisation inadmissible du système médical au détriment de l’intérêt de tous et en particulier des retraités les plus fragiles. C’est inquiétant pour l’avenir de notre système de soins. Comme dit l’adage, il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade.

Michel Devacht, secrétaire général