Actu revendicative


Léon Dion : Pédagogue et fidèle


De la CFDT à la Ligue des droits de l'Homme c'est le même souci qui anime Léon Dion : être au service de ceux dont les droits sont bafoués voire ignorés. Portrait d'un chti, pédagogue et fidèle, qui a rejoint, il y a bien longtemps, la région parisienne.

CAP en poche, le petit gars, employé de fabrication à la filature Saint-Liévin à Wattrelos, dans le Nord, est prêt à en découdre. Il a du ressort. N’a-t-il pas déjà été délégué syndical et responsable du syndicat des employés du textile de Roubaix-Tourcoing ? Et dans la région cela veut dire quelque chose !

Permanent de l’UL de Roubaix Tourcoing de 1971 à 1973. En 1973, Léon quitte la région Nord pour assumer des responsabilités au sein de la fédération Hacuitex (habillement, cuir et textile). Il emménage à Aulnay-sous-Bois : « Pendant mon mandat de permanent j’ai peu l’occasion de connaître la réalité d’Aulnay, celles, bien et mal connues à la fois du 9.3. » Il sera en effet, durant quatorze ans, permanent à la fédération Hacuitex, dont neuf ans secrétaire général.

En 1986, Léon quitte ses responsabilités syndicales et se reclasse au sein d’une association dans l’Essonne. « Malgré les deux heures de transport par jour je décide de rechercher une insertion locale et de partager l’expérience acquise au sein de la CFDT. Mon choix se porte sur la Ligue des droits de l’Homme. » La section locale est vivante et particulièrement active dans les quartiers nord de la ville. Elle tient des permanences pour le droit au logement, au séjour, à l’éducation…

Accompagner

En 1997, la circulaire Chevènement pour la régularisation des sans papiers est l’occasion d’actions de grande ampleur avec la Cimade : manifestations, débats, permanences hebdomadaires avec dépôt des dossiers en sous-préfecture et rencontres régulières avec le sous-préfet pour en assurer le suivi. « Nous recevons jusqu’à 30 personnes chaque semaine. Sur le secteur, il y a quatre foyers pour travailleurs immigrés. »

En 1998 c’est la retraite. Léon assure la présidence de la section et la tenue des permanences hebdomadaires avec un ou deux militants. « Dans celles-ci j’ai rencontré des centaines de personnes que j’ai renseignées, guidées, accompagnées parfois dans leurs démarches. Je dis accompagnées parfois car l’orientation de notre section est bien de « faire avec » et non de « faire pour ». Nous conseillons les personnes, rédigeons des courriers, faisons des interventions, mais dans la mesure du possible, nous les invitons à effectuer elles-mêmes certaines démarches auprès des pouvoirs publics, au besoin en recherchant dans leur entourage des personnes qui peuvent les accompagner. »

Dans la durée

La section s’attache à créer du lien social. Pendant plusieurs années, elle organise des rencontres avec plusieurs associations présentes sur les quartiers pour mieux prendre en compte les difficultés de la population et orienter les personnes en fonction de leurs besoins. « Nous avons également mené des actions en commun : pour le maintien d’un centre de Sécurité sociale sur le quartier, la rénovation urbaine… »

A 74 ans, Léon tire un bilan positif de ces années passées au contact de la population. « Bien sûr il y a eu des échecs, des profiteurs. Mais les choses ont changé. Des résultats ont été obtenus. Des liens se sont créés. Des personnes ont grandi, ont pris leur destin en main. Avec certaines des liens amicaux se sont noués. Quelques personnes se sont engagées. » Tout comme Léon, dans la durée.

Guy Gouyet

Léon Dion