Les 10 % les plus riches, responsables des deux tiers du réchauffement climatique
Une étude, publiée récemment dans Change Climate Nature, confirme la responsabilité des 10 % les plus riches de la population mondiale au niveau des émissions de gaz à effet de serre (GES).
L’importance de l’empreinte carbone des plus hauts revenus est connue. Cette étude quantifie, pour la première fois, à quel point la consommation et les investissements financiers des plus riches accroissent les vagues de chaleur et les sécheresses.
Les 10 % les plus riches, 820 millions de personnes, ont contribué aux deux tiers du changement climatique observé depuis 1990, alors que les 50 % les plus pauvres ne sont responsables que de 12 %. L’impact des émissions de GES touche plus violemment l’Asie du Sud-Est et l’Amazonie, des pays qui contribuent peu aux émissions et disposent de faibles ressources pour s’y adapter.
La lutte contre le réchauffement climatique concerne tous les citoyens
S’il est indéniable que les riches doivent faire les plus grands efforts, cela ne suffira pas. Le lien entre revenu élevé et émission de CO 2 n’est pas aussi mécanique qu’on l’imagine. Les modes de vie, les transports, le logement, les différents climats entrent en ligne de compte pour l’ensemble des populations. Les habitants des banlieues ou des campagnes ont une empreinte carbone plus importante que ceux du centre-ville. Les modes de chauffage les moins polluants sont peu accessibles aux personnes à faibles revenus.
La limitation de l’usage des énergies fossiles, clé de la réduction des GES, affectera le choix des lieux de résidence et de travail, les modèles standards de consommation, les loisirs, etc.
« Parce que toutes les citoyennes et tous les citoyens […] ne sont pas égales et égaux face aux dérèglements écologiques ni face aux efforts à faire : il s’agit donc de protéger et d’accompagner les plus vulnérables. Pour cela, les choix des transformations à opérer et leur mise en œuvre doivent être débattus et construits démocratiquement, à tous les échelons », précise le Manifeste CFDT pour la transition écologique.
[Nicole Chauveau