UNION CONFÉDÉRALE CFDT DES RETRAITÉS

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Les Français soutiennent la transition écologique au niveau local 2/5


Le message envoyé par les Français est sans ambiguïté : la transition écologique locale est une nécessité, pas un fardeau. Logement social, rénovation énergétique, préservation des sols, adaptation au climat : les collectivités doivent agir vite et fort pour répondre aux besoins des habitants, garantir la justice sociale et protéger les plus fragiles.

Sommaire du dossier
  1. Pouvoirs de vivre, Pouvoirs de ville 1/5
  2. Les Français soutiennent la transition écologique au niveau local 2/5
  3. Pouvoirs de ville, un guide et une boussole 3/5
  4. Agir collectivement dans et pour la cité 4/5
  5. Questions à Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT 5/5

Une des propositions de « Pouvoirs de ville » n’est pas anodine : l’adaptation au changement climatique. Et pour cause ! Le sondage Ifop pour le Réseau Action Climat et le Secours Catholique, publié en janvier 2026, envoie un message très clair : les Français soutiennent massivement la transition écologique au niveau local et rejettent l’idée d’un « ras-le-bol écologique ».

Cette transition écologique n’est plus une priorité à côté des autres, elle traverse quasiment toutes les attentes des habitants, que ce soit au niveau des communes ou des intercommunalités.

Préserver les sols

La crise du logement s’invite dans les conversations du quotidien entre manque de logements, fi le d’attente pour obtenir des logements sociaux et précarité énergétique. Un peu partout dans l’Hexagone, il manque de logements. Produire passe aussi par l’optimisation de l’existant et la transformation de bâtiments en logements comme le propose « Pouvoirs de ville ». Par exemple, des locaux d’activité ou des bureaux vacants. En Île-de-France, ce potentiel représenterait par exemple jusqu’à 150 000 logements, en transformant environ 5 millions de mètres carrés.

Le plaidoyer du Pacte du pouvoir de vivre demande le respect de l’objectif Zéro artificialisation nette (ZAN) contenu dans la loi Climat et Résilience de 2021. Cet objectif veut préserver les sols, indispensables pour la biodiversité, l’eau, le climat et l’agriculture, à l’heure où l’étalement urbain provoque chaque année, en France, la perte de 20 000 à 30 000 hectares d’espaces naturels. Les communes ont aussi un rôle primordial en matière de logements des seniors.

La sobriété foncière impose, en premier lieu, d’identifier de nouveaux potentiels constructibles déjà intégrés au tissu urbain. Le baromètre du réseau francophone Villes amies des aînés montre que le logement constitue un enjeu central pour cette population.

Le parcours résidentiel doit intégrer des solutions variées : colocation, logements intergénérationnels, résidences autonomies, etc. Mais toujours en s’appuyant sur l’existant et en respectant l’objectif ZAN.

Une source de production de gaz à effet de serre

En matière de logements sociaux, « Pouvoirs de ville » souligne l’importance de respecter la loi Solidarité et Renouvellement urbain (SRU) qui vise à favoriser la mixité sociale et l’accession sociale, en imposant aux communes un minimum de logements sociaux. Mise en application il y a plus de vingt ans, la loi oblige les communes où la demande de logements est beaucoup plus forte que l’offre à avoir au minimum 20 à 25 % de logements sociaux.

Or 60 % des communes soumises à cette loi ne sont pas en conformité, selon une enquête France Bleu/France Info publiée en novembre 2023. Une enquête de La Dépêche du Midi de décembre 2023 évoque même 75 % !

Le logement est une source importante de production de gaz à effet de serre. « Isoler son logement, c’est bon pour le budget des ménages, c’est bon pour la santé parce qu’on pourra se loger correctement, mais c’est bon aussi pour le climat », souligne Anne Bringault. Raison de plus quand ce logement est une passoire ou une bouilloire thermique ! Pour lutter contre la précarité énergétique, les communes disposent de plusieurs leviers. Elles peuvent mobiliser ou compléter les dispositifs sociaux existants.

Elles peuvent aider les ménages à payer leurs factures grâce au Fonds de solidarité logement (FSL), à des aides facultatives du centre communal d’action sociale (CCAS) ou des dispositifs locaux de soutien aux impayés d’énergie. La rénovation est un levier majeur pour réduire durablement la précarité énergétique. Pour cela, elles peuvent subventionner des audits énergétiques, financer une partie des travaux (isolation, ventilation, chauffage), proposer des prêts à taux zéro municipaux ou encore rénover en priorité les logements sociaux énergivores.

Il est indispensable d’ajuster les politiques de logement

Les collectivités peuvent créer un guichet local d’accompagnement pour informer sur les aides, agir sur le parc public pour, notamment, améliorer la performance énergétique des logements sociaux. Comme indiqué dans la résolution du congrès de 2023 de la CFDT Retraités, « les dispositifs d’accompagnement de travaux doivent être simplifiés, adaptés et améliorés pour les propriétaires, les copropriétés et les bailleurs ».

Les effets du changement climatique sont déjà visibles et vont s’intensifier dans les années à venir. Pour y faire face, il est indispensable d’ajuster les politiques de logement mais aussi d’adapter nos usages, de réaménager les espaces et de protéger à la fois les écosystèmes et les publics les plus vulnérables. Si ces efforts n’exonèrent en rien l’État de ses responsabilités dans la lutte contre le changement climatique, les communes et intercommunalités se trouvent en première ligne.