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Les aidants de personnes âgées dépendantes en manque de reconnaissance


Environ 22% des Français déclarent apporter une aide régulière et bénévole à une personne âgée dépendante.

Les aspects non monétaires de la solidarité sont plus difficiles à évaluer et à prendre en compte. Une partie des personnes âgées dépendantes ne perçoivent pas uniquement une aide de la collectivité, mais aussi une aide matérielle dispensée bénévolement par leur famille ou leur entourage (aide pour la toilette, le ménage, pour les repas…).

Le baromètre d’opinion de la Drees fournit une photographie des personnes déclarant apporter une aide à une ou plusieurs personnes de façon régulière et bénévole. Plus d’un Français sur cinq déclare apporter une aide régulière et bénévole à une personne âgée dépendante (22 %). Cette part est très largement supérieure à celle constatée dans d’autres travaux réalisés notamment dans l’enquête Handicap Santé de 2008, qui donne une estimation plus fiable du nombre d’aidants (4,3 millions de personnes). Il est possible qu’une aide très ponctuelle ou du soutien moral puisse pousser les enquêtés à répondre qu’ils sont aidants dans le cadre du baromètre, alors que ces personnes ne sont pas considérées comme des aidants pour d’autres enquêtes.

Moins de 3 heures par semaine pour 56%

La majorité des personnes interrogées déclarant aider une personne âgée dépendante y consacre moins de 3 heures par semaine (56 %). Plus d’un quart y consacre entre 3 heures et 9 heures hebdomadaires, et seulement 6 % des enquêtés déclarent vivre avec une personne dépendante.

Toutes choses égales par ailleurs, les personnes déclarant apporter une aide régulière à une personne dépendante sont plus souvent des femmes (24 % des femmes sont des aidants contre 19 % des hommes), des personnes ayant une activité professionnelle réduite (recherche d’emploi, temps partiel) ou des personnes de 50 à 64 ans.

Les trois quarts souffrent d’un manque de considération des pouvoirs publics

Les personnes déclarant apporter une aide ont une vision assez négative de leur propre situation : les trois quarts d’entre elles disent souffrir d’un manque de considération des pouvoirs publics.

Cette opinion a toutefois été recueillie avant l’entrée en vigueur de la loi d’adaptation de la société au vieillissement. Celle-ci prévoit des dispositions en faveur des aidants, en particulier un droit au répit, afin qu’ils puissent se reposer ou dégager du temps pour eux, ce qui se traduit par un accueil de jour ou de nuit de la personne dépendante ou par un relais à domicile. Cette évolution législative devrait donc contribuer à réduire la charge pour les personnes aidantes.

Centres d’accueil, aide financière, aménagement de son travail...

L’ouverture de centres d’accueil de jour pour personnes dépendantes est une mesure souhaitée par plus d’un tiers d’entre elles. Les autres options proposées dans le baromètre traduisent la variété des situations et des besoins de ces aidants : 24 % souhaitent une aide financière, 17 % voudraient en priorité bénéficier de formations et 17 % d’un aménagement de leur temps de travail.

Source : Études et résultats n° 990, Drees.

Graphique

Qui apporte une aide régulière bénévole à une personne âgée dépendante ?

Lecture : En 2015, 22 % des personnes interrogées disent apporter une aide bénévole et régulière à une personne âgée dépendante ; 24 % des femmes se disent aidantes.

Champ : Personnes habitant en France métropolitaine et âgées de 18 ans ou plus. Les personnes qui ne se prononcent pas sont exclues du graphique.
Source : Baromètre d’opinion Drees.