Actu revendicative


Les aidants : première entreprise sociale


Répondre au désir de la personne âgée en perte d'autonomie de rester à domicile est essentiel. La solidarité familiale reste le recours prioritaire, souhaitable et naturel.

Pour autant, ces deux aspirations sont-elles toujours compatibles avec les capacités physiques, les savoirs faire et les désirs des aidants familiaux ?

Plus encore, les évolutions de la famille (dispersement géographique, ruptures...), les modifications démographiques et le développement du rôle social de l’État et des collectivités ont modifié l’exercice de la solidarité familiale.

Le débat sur le ce risque a dressé un constat : la situation n’est plus supportable pour ces aidants, qu’ils soient les conjoints ou les enfants de personnes aidées, en majorité des femmes. La solidarité familiale connaît ses limites. Et la solidarité collective doit être mise en œuvre pour la compléter.

De nombreuses expérimentations sont en cours. Mais il est urgent de dégager des moyens.

Il s’agit d’abord de rompre l’isolement. Les proches ne sont pas préparés à la survenue de la maladie ou du handicap. Ils peuvent être confrontés à des situations de détresse où se conjuguent les difficultés d’intervention auprès de personnes âgées en perte d’autonomie et les complications liées à l’existence de liens familiaux affectifs.

La tension psychologique de telles situations, en particulier dans le cas de maladies neuro-dégénératives, impose que l’aidant puisse bénéficier d’un soutien.

Souvent bénévoles ou au mieux employés de gré à gré, animés de bonne volonté, les aidants familiaux ont un besoin impératif de formation pour assumer leurs responsabilité et posséder un minimum de connaissances techniques.

Mieux formés et plus aptes à faire face à des situations difficiles, les aidants sont en capacité de mieux réagir. Cela peut permettre un accompagnement harmonieux et réduire les situations de maltraitance, souvent involontaires, envers les personnes âgées dépendantes.

Des solutions permettant un répit sont à trouver pour soulager les aidants familiaux : comment souffler durant la journée, prendre du recul sur de courtes périodes voire même prendre des vacances ? Ces solutions ont l’avantage de permettre à l’aidant de conserver une vie sociale et à la personne aidée d’en maintenir une, par des contacts élargis en dehors du cercle familial.

Le développement de places d’accueil de jour et d’hébergement temporaire en établissements est une nécessité.
Le soutien aux aidants est une préoccupation majeure attendue avec la réforme de la prise en charge de la perte d’autonomie. Hélas le récent renoncement du gouvernement constitue pour eux aussi une très mauvaise nouvelle.

Gilbert Jérôme

L’aide en chiffres

3,6 millions de personnes âgées de plus de 60 ans et vivant à domicile sont aidées régulièrement dans les tâches de la vie quotidienne. 90 % des plus de 90 ans sont aidés.
1 milliard d’heures sont consacrées par les aidants aux personnes âgées dépendantes à domicile. 46 % des aidants sont à la retraite.
On compte 18 places d’accueil de jour pour 10 000 personnes de plus de 75 ans.

Entourée de leurs enfants, Odile a accompagné Jean-Yves, à leur domicile, durant plus d’un an et demi, 24 heures sur 24.