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Les dangers de l’automédication


De plus en plus de médicaments peuvent être achetés sans passer par le médecin : c'est l'automédication. Nous attirons votre attention sur les risques de cette pratique.

Qu’est-ce que l’automédication ? Selon la Haute Autorité de Santé, l’automédication est « le fait pour un patient d’avoir recours à un ou plusieurs médicaments de prescription médicale facultative (PMF) dispensé(s) dans une pharmacie et non effectivement prescrit(s) par un médecin ».

Ainsi l’automédication diffère de l’usage de « l’armoire à pharmacie » que beaucoup de ménages possèdent et qui peut conduire à un mauvais usage de médicaments à prescription obligatoire.

Le gouvernement met des médicaments en accès libre

Depuis juillet 2008, 248 médicaments sont en accès libre dans les pharmacies. Ce sont 217 spécialités pharmaceutiques, 12 médicaments à base de plantes et 19 médicaments homéopathiques. Ils traitent la douleur, la toux, le mal de gorge, les rhinites allergiques, la diarrhée, les maux d’estomac ou la fatigue. Il y a aussi des substituts nicotiniques.

Pour que ces médicaments soient directement accessibles au public, il est prévu de les présenter dans un espace qui leur soit spécialement destiné, en avant et à proximité du comptoir. C’est pourquoi ces médicaments sont appelés en anglais OTC (over the counter : sur le comptoir). Cela doit permettre le libre choix du malade et le contrôle du pharmacien.

Ces médicaments délivrés avec prescription médicale facultative peuvent être vendus sans ordonnance et ne sont donc pas remboursables par l’assurance maladie.

Pourquoi cette décision ?

Sous prétexte de médication responsable et de simplification, le gouvernement espère inciter les industriels pharmaceutiques à baisser leurs prix en rendant possible le choix des spécialités ayant le prix le plus bas. Il attend aussi de cette décision que des malades se soignent sans consulter un médecin, ce qui allégera les dépenses de remboursement de l’assurance maladie.

Les pharmaciens réticents

Les pharmaciens d’officine n’ont pas accueilli avec enthousiasme cette décision. Ainsi, la majorité d’entre eux n’ont pas modifié l’accès à ces médicaments. Certains invoquent des difficultés d’aménagement de l’officine et le coût de ces aménagements. D’autres refusent de laisser les malades choisir un médicament sans avis médical. Enfin, ils craignent la vente de certains médicaments en grande surface. Les pressions du groupe Leclerc sont là pour les conforter dans leur attitude.

Des risques existent

Cette possibilité n’est pas anodine pour les malades. En effet, choisir librement de tels médicaments peut conduire à soigner des symptômes et non des maladies : on soigne la douleur sans s’intéresser aux causes possibles de cette douleur. On peut choisir un traitement inadapté qui retarde la prise en charge de la maladie. De plus, la prise de tels médicaments (avec une posologie impropre) peut s’avérer nocive en raison d’autres traitements en cours.

On sait que les prises simultanées de médicaments contre-indiqués peuvent être une cause de réactions. Ils conduisent à des hospitalisations, principalement pour les personnes âgées et les femmes enceintes. Ce qu’on appelle la iatrogénie est la manifestation de nombreux effets indésirables, source de dépenses inutiles pour l’assurance maladie.

Source : décret n°2008-641 du 30 juin 2008