UNION CONFÉDÉRALE CFDT DES RETRAITÉS

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Les déserts médicaux, une inégalité de santé


« Les déserts médicaux », ce n’est plus un slogan, c’est une réalité territoriale définie par les critères précis de l’indicateur d’accessibilité potentielle localisée (APL) pour mesurer l’adéquation de l’offre et de la demande de soins de premier recours sur un territoire donné (distance d’accès au plus proche, densité par bassin de vie).

« Les déserts médicaux » concernent les difficultés d’accès à un médecin généraliste et à des professionnels de santé : infirmiers, masseurs kinésithérapeutes, chirurgiens-dentistes, gynécologues, pédiatres… Pourquoi une telle inégalité d’offre de santé de la médecine de ville dans les territoires ? Pourquoi une telle diversité d’accès dans les publics ? Qu’en pensent les habitants, les professionnels ? Quelles politiques publiques, territoriale et nationale ? Les réponses dans le dossier de Fil Bleu :

Sommaire du dossier
- Les déserts médicaux, une inégalité de santé
- Les déserts médicaux gagnent du terrain
- S’opposer à la déprise médicale est possible
- Pour un accès aux soins partout et pour tous !
- Permettre une prise en charge de tous les patients

Les déserts médicaux en quelques chiffres

Généralistes
Moyenne : 86 généralistes pour 100 000 habitants.

Paris : 100 généralistes pour 100 000 habitants.
Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Grand Est : 75 généralistes pour 100 000 habitants.
Île-de-France : 0 généraliste pour la moitié des communes.

Pharmacies
Moyenne : 33 pharmacies pour 100 000 habitants, à moins de 10 minutes de route.

Fermeture ou regroupement de plus de 1 000 pharmacies depuis 2010
Île-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Rhône-Alpes : 25 % des fermetures ou regroupement.

Services de médecine d’urgence
Plus de 6 millions d’habitants vivent à plus de 30 minutes d’un service d’urgence et 75 % d’entre eux vivent en milieu rural.

Sources : Drees.

Maison de santé, pôle de santé, centre médical, de quoi parle-t-on ?

Dans les maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP), introduites dans le Code de la santé publique en 2007, les professionnels (médecins, infirmières, sages-femmes…) gardent leur statut libéral mais adhérent à une association porteuse du projet de santé sur le territoire. C’est ce qui fait leur union et donne un caractère spécial à leur exercice en commun. En juin 2021, 1 889 MSP fonctionnent et 366 sont en projet.
Dans les centres de santé, les professionnels sont salariés. Dans certains centres, ils ont un contrat où leur rémunération est fonction du nombre d’actes réalisés au-delà d’un certain seuil. Le statut des centres de santé a été complètement révisé par l’ordonnance 2018-7 du 12 janvier 2018.

Les autres formules (pôle médical, maison médicale, pôle de santé, centre médical) correspondent à des formes de regroupement de moyens (locaux, secrétariat…) mais sans projet de santé commun formalisé.

Dans les territoires, les actions se multiplient

Des régions et des collectivités locales recrutent des médecins généralistes salariés dans l’optique de créer un service public de santé de proximité, comme en Occitanie, Centre-Val de Loire…
Les bornes de téléconsultations sont accessibles dans les pharmacies ou les espaces France services. Mais l’utilisation de l’appareil de téléconsultation nécessite d’être accompagné par un infirmier ou un pharmacien.
Pour rompre l’isolement médical des personnes âgées, une expérimentation est conduite par La Poste et le Gérontopôle de Toulouse. Une dizaine de facteurs, à l’aide d’outils de diagnostic très simples, collectent des informations sur la santé des seniors (audition, vue, mémoire).

Dossier réalisé par Nicole Chauveau, François Hun, Françoise Marchand et Danielle Rived.