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Les enquêtés dressent un état des lieux alarmant sur le quotidien de la dépendance


Dans l'enquête « Dépendance » réalisée par la CFDT Retraités à l'automne dernier figurait une question ouverte : « Si vous souhaitez nous faire part de remarques particulières, cet espace est fait pour vous ». Sur les quelque 7 000 questionnaires enregistrés, plus d'un millier comportaient des remarques et 771 ont pu être étudiés, à notre demande, par deux étudiants en master de sociologie à l'université de Bourgogne, William Dehais et Gil Paravicini. Ils ont travaillé sous la supervision de Georges Ubbiali, maître de conférences et spécialiste du mouvement social chez les retraités.

« C’est mon premier jour de retraite. Je suis physiquement très en forme, j’avoue avoir rempli ce formulaire sans me sentir concerné ! Pourtant je sais que je peux l’être un jour. » Chacun a conscience que l’espérance de vie est de plus en plus longue, c’est-à-dire que l’on vit de plus en plus longtemps et de surcroît on vit de plus en plus longtemps en bonne santé. Vieillir étant l’apanage de tous, les difficultés qui s’y rattachent constituent un ensemble de préoccupations que tous les individus peuvent être amenés à connaître. D’entrée de jeu, les universitaires ont saisi les enjeux de cette question de société.
Dans la structure de leur rapport, les auteurs relèvent les trois constantes préoccupations des personnes âgées et en particulier le problème du reste à charge. L’importance des coûts liés à la prise en charge de la dépendance des personnes âgées est très fréquemment exposée. Qu’il s’agisse des coûts des aides à domiciles, de l’aménagement du logement, des coûts des Ehpad ou encore de celui des « assurances dépendance », la charge financière, qui pèse quotidiennement sur les personnes dépendantes ou leurs familles, ne cesse d’être exposée, disséquée et décriée au fil des remarques des enquêtés.
La question ouverte du questionnaire révèle également un réel besoin de qualité. Un grand nombre d’entre eux souhaitent orienter notre regard sur la « qualité » : qualité des soins administrés, qualité des structures accueillant les personnes dépendantes, qualité de la formation des soignants, qualité de vie des personnes dépendantes. Il est important de rendre compte du discours à la fois critique et constructif des enquêtés sur la qualité des soins et de la vie. En effet, s’il leur était plus difficile d’émettre des propositions pour pallier le problème des coûts de la prise en charge, ici, les répondants sont nombreux à proposer des solutions concrètes pour améliorer la qualité des soins et la qualité de la vie des personnes dépendantes à domicile ou en établissement.

Une vision collective et solidaire du financement

Les répondants se sont également massivement exprimés sur la question du financement fréquemment débattue sur la place publique. La composition démographique de la population française fera de la dépendance des personnes âgées un enjeu qui ne cessera de prendre de l’ampleur dans les années à venir. Les coûts élevés de cette prise en charge, ainsi que la situation économique actuellement défavorable, incitent les enquêtés à s’intéresser au financement de ce nouvel enjeu. Plus qu’une critique détaillée et argumentée des coûts élevés de la prise en charge de la dépendance, les répondants se sont également massivement exprimés sur la question fréquemment débattue sur la place publique, « Qui doit payer, qui doit financer ce nouvel enjeu ? Comment ? ».
Il ressort du questionnaire, un profond intérêt des enquêtés au thème du financement de la dépendance. Mais plus que des solutions concrètes, il transparaît principalement de ces nombreuses remarques, une vive inquiétude de voir les bas revenus supporter une charge financière supplémentaire. L’intérêt pour le thème du financement semble donc s’expliquer majoritairement par la volonté d’exprimer la nécessité d’écarter les faibles revenus du financement de ce nouvel enjeu.
Bien que la vision collective et solidaire de l’enjeu, dans la droite ligne du positionnement de la CFDT, se retrouve dans les discours des répondants, c’est cette profonde inquiétude qui s’exprime plus encore ici. Inquiétude qui, nous pouvons le supposer, ne tend pas à décroître au vu du contexte européen actuel.

Une demande catégorique d’action politique, unité des 771 remarques

Peu souvent au centre des attentions sur la place publique et dans les médias, la dépendance des personnes des âgées est pourtant aujourd’hui un enjeu de taille pour notre société vieillissante. Ce relatif silence politique depuis tant d’année n’est en tout cas pas de mise chez les répondants à l’enquête de l’UCR-CFDT, directement concernés par la dépendance pour une grande partie d’entre eux.
Ces 771 remarques sont pour l’immense majorité des appels à l’action en direction du pouvoir politique. Les enquêtés, vivant chaque jour la réalité de la dépendance, dressent un état des lieux alarmant sur le quotidien des personnes concernées. Qu’il s’agisse des coûts des structures et des soins, de la qualité de ces soins ou encore de la qualité de vie des personnes âgées dépendantes, les critiques sont vives et appellent à l’action politique. Cet appel se concrétise d’ailleurs dans de nombreuses propositions formulées par les répondants, nourries par la confrontation directe et quotidienne aux problèmes liés à la dépendance.
En cette période de crise, à l’heure où l’argument de la rigueur budgétaire nécessaire se trouve quotidiennement sur le chemin des acteurs préconisant des dépenses publiques, les enquêtés n’abandonnent pas le sujet du financement et l’abordent même dans de nombreux cas. Là encore l’action politique est fermement demandée par les personnes interrogées, qu’elles soient partisanes d’une nouvelle cotisation sociale pour tous les revenus ou soucieuses de voir les bas revenus être épargnés et les grandes entreprises et les hauts revenus taxés.
La demande catégorique d’action politique, voici l’unité indiscutable de ces 771 remarques. Le message est clair, il faut agir et vite. La conscience de l’importance de l’enjeu semble profondément ancrée dans la population qui exprime ici dans une multitude de critiques mais aussi de propositions, son impatience à voir le politique agir.

Gilbert Jérôme

Source : Étude réalisée par William Dehais et Gil Paravicini pour la CFDT Retraités.

Quelques engagements de François Hollande

Nous avons extrait des 60 engagements ceux qui nous concernent le plus.
14. La contribution de chacun sera rendue plus équitable par une grande réforme permettant la fusion à terme de l’impôt sur le revenu et de la CSG dans le cadre d’un prélèvement simplifié sur le revenu (PSR). Une part de cet impôt sera affectée aux organismes de sécurité sociale. Les revenus du capital seront imposés comme ceux du travail.
18. (…) Une négociation globale s’engagera dès l’été 2012 avec les partenaires sociaux afin de définir, dans un cadre financier durablement équilibré, l’âge légal de départ à la retraite, la prise en compte de la pénibilité, le montant des pensions et l’évolution des recettes indispensables à la pérennité de notre système de retraite solidaire.
J’engagerai aussi une réforme de la dépendance permettant de mieux accompagner la perte d’autonomie.
19. (…) Pour lutter contre les déserts médicaux, je favoriserai une meilleure répartition des médecins par la création de pôles de santé de proximité dans chaque territoire. Je fixerai un délai maximum d’une demi-heure pour accéder aux soins d’urgence. J’améliorerai la prise en compte de la santé publique, notamment en augmentant la part de rémunération forfaitaire des médecins généralistes.
20. Je sécuriserai l’accès aux soins de tous les Français en encadrant les dépassements d’honoraires, en favorisant une baisse du prix des médicaments et en supprimant le droit d’entrée dans le dispositif de l’aide médicale d’État.
Source : site internet de François Hollande.