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Les grandes disparités des fins de carrière


Le taux d’emploi des 55-64 ans a fortement augmenté au cours des 20 dernières années, surtout pour les femmes, de même que l’espérance de la durée en emploi des 55-59 ans

Parallèlement à cette augmentation du taux d’activité des seniors, le taux de chômage s’est aussi accru. Nous ne sommes pas tous égaux face aux conditions de travail, aux revenus, aux fins de carrière, dans le calcul et les conditions de départ à la retraite. À l’approche des 60 ans, près d’une personne sur trois n’est ni en emploi ni à la retraite. La majorité d’entre elles sont dans une situation de chômage ou d’invalidité. D’autres sont couvertes par un minimum social ou ne touchent aucun revenu. Le recul de l’âge d’ouverture des droits à la retraite de 60 à 62 ans, instaurée par la réforme des retraites de 2010, amplifie ces phénomènes.

Dossier réalisé par Danielle Rived et Gérard Lopez. Photos : Jean-Paul Stenou.

Quelques chiffres

L’âge d’ouverture des droits à la retraite est de 62 ans pour la génération 1955, et l’âge du taux plein, passe à 67 ans à partir de cette génération. L’âge effectif de départ en retraite est de 60,5 ans (2010) et passerait à 64 ans en 2060.

En 2013-2014, environ 30 % des personnes âgées de 60 ans se trouvaient dans une situation intermédiaire entre l’emploi et la retraite (chômage, préretraite, inactivité), 30 % étaient à la retraite et 40 % occupaient un emploi, dont 10 % occupaient un emploi à temps partiel et 2 % cumulaient emploi et retraite.

Les maladies provoquées par l’amiante représentent 8 % des maladies professionnelles reconnues. Depuis 2005, elles ont augmenté de 4 % par an, portées par une meilleure reconnaissance des TMS (7 % par an). Les cancers professionnels reconnus sont également en hausse entre 2005 et 2012 (4 % par an). Les TMS, les affections liées à l’amiante et les surdités représentent plus de 95 % des maladies professionnelles reconnues.

Au moment de la retraite à 62 ans 80 000 personnes supplémentaires – soit 5 % de la classe d’âge – seraient allocataires de l’un des trois principaux minima sociaux en termes d’effectifs (RSA, ASS, AAH), pour un supplément d’allocation versé de l’ordre de 600 millions d’euros par an.

À partir de fin 2017, entre 125 000 et 150 000 personnes supplémentaires bénéficieraient d’une pension d’invalidité entre 60 et 62 ans, soit un peu moins de 8 % de cette classe d’âge, occasionnant un surcoût d’environ 1,2 à 1,5 milliard d’euros pour les régimes gestionnaires des pensions d’invalidité, sachant que 4,1 % des bénéficiaires de pension d’invalidité sont des femmes.