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Les morts violentes au sein du couple en 2024


138 morts violentes au sein du couple ont été recensées, en 2024, contre 119 en 2023 (soit + 16 %). La part des femmes âgées de 70 ans et plus ne cesse d’augmenter.

107 féminicides ont été constatés en 2024, contre 96 en 2023, et 47 % des femmes victimes avaient déjà subi des violences antérieures. À cela s’ajoutent les 1 283 femmes qui ont été victimes de tentatives de féminicides au sein du couple en 2024*.

Et les personnes âgées ?

Parmi les 107 féminicides, 26 % sont âgées de 70 ans et plus au moment des faits. La part des victimes de 60 à 69 ans est de 15 %. Ces parts sont en constante progression.

Parmi les personnes âgées, 67 % des auteurs et 57 % des victimes ont au moins 80 ans. Pour cette catégorie, la maladie ou la vieillesse de l’un ou des deux membres du couple représente le premier mobile de passage à l’acte, mettant en exergue les difficultés liées à la fi n de vie. « En cas de suicide de l’auteur, cette hypothèse est souvent évoquée par les familles, systématiquement entendues par les policiers dans le cadre de leurs enquêtes », précise le ministère de l’Intérieur. La presse régionale est un bon indicateur.

Souvent, ces féminicides sont présentés comme des « drames de la vieillesse » ou des « drames familiaux », laissant deviner l’idée d’une fin de vie certes violente, mais compréhensible, surtout en cas de suicide de l’auteur.

L’invisibilisation des violences subies par les femmes âgées

Le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) d’Île-de-France constate que très peu de femmes âgées de plus 60 ans viennent demander de l’aide ou simplement s’informer. Pour Hélène Bidard, adjointe à la mairie de Paris chargée de l’égalité femmes-hommes, « les femmes dont on parle ont été élevées et ont vécu la plus grande partie de leur vie avec le fait que le viol conjugal n’était pas condamné. Il y a donc un gros enjeu à faire monter le niveau d’intolérance face aux violences chez ces personnes. »

« Or il y a des victimes, on le sait. La question c’est de savoir pourquoi elles ne sont pas ou peu repérées », précise Lucie Richard, chargée d’un projet du CIDFF en partenariat avec la Ville de Paris. L’objectif est de documenter le phénomène, d’outiller les professionnels de terrain et de sensibiliser le grand public. L’invisibilisation des femmes âgées n’est pas tolérable quand on sait que, isolées socialement, dépendantes économiquement et parfois d’une santé fragile, elles sont les plus vulnérables de toutes.

Fin 2024, le procès de Mazan a mis en lumière les viols subis par Gisèle Pelicot, alors âgée d’une soixantaine d’années, entre 2011 et 2020. Mais dans les faits, celles qui poussent la porte d’une association restent rares.

« La CFDT est une organisation féministe », a affirmé Laurent Berger au congrès de Rennes, en 2018. «  La lutte contre les violences faites aux femmes est l’une des premières causes qui doit nous mobiliser », rappelle notre Manifeste féministe de 2024.

[Nicole Chauveau

*Source : base des victimes de crimes et délits, SSMSI et Délégation aux victimes (DAV), ministère de l’Intérieur.

Pour la CFDT Finances, tolérance zéro au travail comme à la maison Le 5 septembre 2024, quatre organisations syndicales ont signé avec le ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique un accord triennal en faveur de l’égalité professionnelle.

L’accord signé par la CFDT, la CFTC, Solidaires et l’Unsa traite tout à la fois de la réduction des inégalités et de la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, y compris dans la sphère familiale. Il prévoit un accompagnement des personnels victimes de violences intrafamiliales, avec la mise en place d’un protocole interne incluant des aides juridiques, psychosociales, l’attribution d’un logement d’urgence et des aménagements autour de l’organisation du travail.