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Les multiples facettes de l’engagement de Gilbert Billon


Cheminot dans l’âme, il a consacré une large partie de sa vie à la CFDT dans de nombreuses responsabilités professionnelles et interprofessionnelles. Il est l’un des fondateurs de l’Union confédérale CFDT des cadres et ancien secrétaire général de l’Union confédérale CFDT des retraités. Récit de ses engagements.

Imprégné d’une culture ouvrière avec un père métallo dans un fief CGT, Gilbert est né en 1926 au pied des mines de Saint-Étienne dans la Loire. À 16 ans, avec son brevet élémentaire, il entre en 1942 comme apprenti à la SNCF au service des gares, puis dans les programmes de signalisation ferroviaire, après plusieurs concours d’inspecteur d’exploitation. « Je pense avoir appris l’observation et l’action collective grâce à mon passage à la JOC », reconnaît Gilbert.

Après son service militaire, il fait le choix d’adhérer à la CFTC. Élu délégué du personnel à 22 ans, Gilbert s’investit dans le syndicat des cheminots et en devient son responsable, tout en étant trésorier à l’Union Départementale de la Loire.
Aux côtés de René Mathevet, puis de Marcel Gonin, ce compagnonnage interprofessionnel se poursuit au plan national. Repéré et « aspiré », dit-il, par la fédération, il devient, en 1963, permanent syndical en charge des cadres. Et, « comme beaucoup de cheminots, j’émigre en région parisienne avec ma famille.

Nous aurons avec ma femme Andrée quatre enfants et aujourd’hui 10 petits-enfants et 9 arrière-petits-enfants. Afin de concilier mon activité syndicale et notre famille, mon épouse est restée au foyer, mais bien investie dans le quartier. »

Dépasser le corporatisme

Gilbert participe aux débats animés pour l’évolution de la CFTC vers la CFDT. « Il a fallu batailler, vu la position de refus des cheminots d’Alsace. » Son sens du travail en équipe le conduit à devenir responsable de la fédération des cheminots et représentant CFDT au conseil d’administration de la SNCF.

En 1968, il est un des acteurs majeurs du débat important sur les politiques nationales et européennes des transports. Il sera ensuite le premier secrétaire général de la nouvelle Fédération générale CFDT des transports et de l’équipement (FGTE-CFDT). Sa compétence le conduit au Conseil économique et social (CES).

Gilbert Billon ne s’enferme pas dans le professionnel ou le corporatisme, il participe à la création de l’Union confédérale CFDT des cadres, et après avoir été trésorier de l’Union confédérale CFDT des retraités il deviendra, en avril 1991, son secrétaire général avec Raymond Martin comme président. « Mon expérience à l’Union départementale de la Loire m’a ouvert à d’autres réalités sociales, la CFDT Retraités est parfois plus interprofessionnelle dans son action que nombre de militants en activité professionnelle. » Il poursuit son analyse : « La CFDT Retraités est bien investie sur les questions sociétales, cela explique certainement l’investissement croissant des femmes en responsabilité. » Il se réjouit que la CFDT Retraités siège au Bureau national de la Confédération.

Du sommet, retour au terrain

À la retraite, il milite aussi au sein de son Union CFDT de retraités. Il préside en 1994 une association locale de chômeurs. Plus tard, dans l’établissement gériatrique où son épouse était prise en charge pour la maladie d’Alzheimer, Gilbert a créé une association de familles. Inspiré de son savoir-faire syndical, « nous avons pratiqué comme un syndicat, la direction a joué le jeu en nous recevant régulièrement pour faire avancer la condition des malades ».

À partir de cette expérience, au décès de son épouse en 2005, il poursuit son combat pour la bientraitance des personnes âgées dans le médico-social. Aujourd’hui, son état de santé ne lui permet plus d’être sur le terrain, mais il apprécie le parcours de ses enfants. Sa fille vient de finir sa carrière en Ehpad, ses autres enfants ont presque tous fait le choix de carrières sociales. Preuve que leur père a transmis ses valeurs.

Jacques Rastoul

Gilbert Billon ne s’est jamais enfermé dans le professionnel ou le corporatisme.