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Les nouvelles frontières


Depuis la célèbre muraille de Chine, le « mal des murs » s’est propagé. De dix dans les années 60, nous en sommes aujourd’hui à environ 55 ! Notre monde n’a jamais été autant divisé par des digues de briques, de barbelés et d’acier. Certains ne font que quelques dizaines de kilomètres.

D’autres courent sur plusieurs milliers, comme celui qui sépare l’Inde du Bangladesh.
Interdire aux plus déshérités d’accéder à un eldorado souvent bien illusoire, isoler des communautés dont on ne partage pas les croyances, refuser à d’autres d’accéder à un territoire qu’ils considèrent comme le leur, séparer les nantis des paumés de la planète… Tout est mis en œuvre pour éloigner les « indésirables ». Ces barrières finiront par tomber. Mais elles resteront longtemps gravées dans les mémoires générant ressentiments, esprit de revanche, culture de la violence après tant de violence… Une histoire sans fin.

Il existe un autre mur : la haine qui se propage sournoisement de bouche à bouche. Celle qui s’imprime progressivement dans les cerveaux. L’arme suprême des populistes et autres cocardiers. Et la France n’est pas épargnée.

Il y a quelques semaines, nous étions tous « Charlie ». Les caricaturistes de l’Hebdo, au style parfois provocant mais jamais méchant, étaient en première ligne dans le combat pour les libertés. Ils l’ont payé de leur vie. Le plus bel hommage que nous puissions leur rendre est de tout faire pour mettre à bas tout ce qui vise à séparer et s’opposer au lieu d’unir et de rassembler.

Guy Gouyet