Stats et études


Les petites nanos entrent dans nos grandes vies


La nanotechnologie s'intéresse aux nanoparticules. De la taille d'un milliardième de mètre, on sait à présent les fabriquer pour notre plus grand bien. Mais on sait aussi que certaines nanoparticules pourraient devenir cancérigènes, comme par exemple l'amiante lorsqu'elle pénètre nos poumons.

« De quoi me parlez- vous ? » « Nano c’est quoi ? » Interrogés, la plupart d’entre nous hochons négativement la tête : « connaît pas ». Et pourtant, depuis bien des années nous les subissons ou nous les glorifions, selon les cas.

Nano, c’est le milliardième d’une unité, un nanomètre c’est un milliardième d’un mètre. C’est une orange posée sur l’hexagone France grandeur nature. Si un nanomètre devenait une tête d’épingle (1mm), la tête d’épingle aurait une taille de 1 km. La nanoscience c’est donc l’étude scientifique de l’infiniment petit.

« En quoi cela nous concerne-t-il ? » me direz-vous. Dans les milieux avertis, on parle d’un univers en marche accélérée qui va révolutionner toutes les phases de notre vie, bien au-delà de ce que nous avons connu jusqu’alors.

Déjà elles sont là : des vitres recouvertes de minces pellicules de nanoparticules empêchent ainsi la poussière de s’accrocher. Dans le béton, une inclusion de nanoparticules permet d’accroître fortement sa résistance. Les écrans plats, grâce aux nanotubes seront de très grande définition. Des produits cosmétiques contiennent aussi des nanocristaux. Mais le plus révolutionnaire se verra dans le domaine de la santé avec des évolutions considérables dans les techniques médicales et chirurgicales. On pourra par exemple faire parvenir un médicament à l’intérieur d’un organe précis.

À cette échelle, les lois dominantes de la physique ne sont plus la gravité, le magnétisme ou la conductivité électrique classique, mais un univers troublant où les atomes, électrons et autres nanoéléments se comportent comme des particules et des ondes. Dès lors on voit bien combien leur champ d’application est immense.

Le nanotube plus mince et plus résistant

Citons l’exemple relevé dans 60 Millions de Consommateurs n°387 à propos des nanotubes. Ce sont de fabuleux objets, composés d’une ou plusieurs feuilles d’atomes de carbone enroulées en tube. Le nanotube est dix mille fois plus mince qu’un cheveu d’une longueur pouvant dépasser le millimètre... Il possède des propriétés extraordinaires : il est cent fois plus résistant à l’étirement que l’acier et six fois moins lourd. Flexible, il peut encaisser des chocs quatre fois supérieurs à ceux d’aujourd’hui...

Les applications des nanotubes de carbone sont d’une variété époustouflante : pneus, gilets pare-balle, pièces mécaniques dix fois plus résistantes, nanoélectrodes médicales, circuits informatiques, muscles artificiels, etc.

Mais revers de la médaille, ces nanotechnologies soulèvent de fortes inquiétudes chez des écologistes et des scientifiques. L’exemple le plus fréquemment cité est l’amiante. Nous en savons quelque chose à la CFDT après les multiples actions menées par des salariés victimes de leurs employeurs. Des dizaines d’années durant, ils leur ont laissé ingérer impunément ces particules. Inaltérables, elles se fichent dans les poumons qui deviennent cancéreux.

Particules de vie et particules de mort !

Les dioxines ou les dioxydes de carbone relâchées dans la nature représentent six millions de tonnes de nanoparticules. Ce sont les anciennes nanoparticules, dont l’impact n’a pas encore beaucoup été étudié. On peut espérer qu’avec la montée en puissance de ces nouvelles nanos des études d’impact concernant l’environnement et la santé vont se multiplier.

Les américains, les canadiens et les japonais ont plusieurs longueurs d’avance dans ce domaine sur les Français. Les recherches sont réalisées surtout par des laboratoires dépendants de sociétés qui ont investi dans les nanotechnologies. Il est indispensable que les pouvoirs publics s’y mettent aussi afin d’assurer une indépendance et une fiabilité dans les résultats d’analyses.

L’Afnor et le Laboratoire national d’essais se sont emparés de cette question. Des groupes de travail se réunissent auxquels la CFDT et l’Asseco-CFDT ont été conviés. L’objectif consiste à mettre en valeur les perspectives positives offertes par les nanotechnologies tout en nous prémunissant des risques potentiels. Ces travaux ont pour perspective l’aboutissement à des normes internationales ISO.

Définition nanotechnologie

C’est l’ensemble des théories et des techniques qui permet de produire et de manipuler des objets minuscules de la taille des atomes.
Les nanotechnologies sont nées en 1981 avec l’apparition du microscope à force atomique. Il permet d’observer les atomes et les molécules à l’unité, mais aussi de les déplacer. En 1991, la manipulation d’atomes de carbone disposés en forme de tube a permis de fabriquer les premiers nanotubes six fois plus légers que l’acier et 100 fois plus rigides. Ils servent à la fabrication de nano-seringues médicales de très haute précision.
Source : Cité des sciences.