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Les pharmaciens acteurs du système de soins


La loi Hôpital, patients, santé et territoires (ou loi Bachelot) de juillet 2009 a surtout été vue et appréciée (ou critiquée) du point de vue de la médecine de ville et de la carte hospitalière. Elle comporte d'autres dispositions moins médiatisées mais cependant importantes. Faisons le point sur les dispositions concernant les pharmaciens.

L’article 38 de la loi Bachelot modifie le code de la santé publique. Il définit clairement les missions des pharmaciens d’officine dans le cadre d’un exercice coordonné des différents acteurs du système de santé. Les principales sont :
- la contribution aux soins de premier recours ;
- la participation à la mission de service public de la permanence des soins ;
- la veille et la protection sanitaire ainsi que l’éducation thérapeutique ;
- la proposition de conseils et prestations pour favoriser l’état de santé des personnes.

La fonction des pharmaciens s’intègre fortement dans l’ensemble du système. Ils ont un rôle actif qui dépasse largement la délivrance des médicaments. Leur participation à la permanence des soins en est un des aspects. Pourtant on connaît les difficultés d’accès à des pharmacies dans certaines zones pendant les week-ends. Leur adhésion au projet de santé porté par des maisons de santé peut en être aussi une concrétisation.

Le dossier pharmaceutique, outil de coordination

C’est aussi avec ce regard que l’on peut examiner l’apport du dossier pharmaceutique. Le dossier médical personnel (DMP) avec lequel il devrait s’articuler prend du retard alors qu’il est inscrit dans une loi d’août 2004. Une version expérimentale sur clé USB pour les malades en ALD (affection de longue durée) devrait être testée d’ici fin 2012.

Alors que le DMP devrait permettre un échange d’informations médicales entre les différents professionnels de santé, le dossier pharmaceutique a des objectifs plus restreints mais cependant importants : recenser les médicaments prescrits ou achetés afin de déceler les interactions possibles, les redondances ou les surconsommations. Le but en est de permettre un suivi thérapeutique dans les pharmacies.

Mis en œuvre par le conseil national de l’ordre des pharmaciens, il est proposé sur la base du volontariat des pharmaciens et des usagers. Actuellement on évalue à plus de 7 millions le nombre d’assurés sociaux qui sont suivis par un dossier pharmaceutique et à 35% le nombre de pharmaciens qui participent à cette opération.

Certes on peut toujours avoir des craintes sur des débordements possibles nuisibles à la liberté de chacun. Mais la cohérence des soins, l’amélioration de leur qualité et la limitation des erreurs ou incohérences ne peut être envisagée sans des transmissions d’information auxquelles les pharmaciens doivent participer.

François Hun

Un système sécurisé ?

L’utilisation du dossier médical personnel est contrôlée par la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés). Ainsi le dossier individuel ne peut être ouvert qu’avec l’utilisation simultanée de la carte Vitale de l’assuré et la carte professionnelle du pharmacien.

Son intérêt a été aussitôt apprécié par les hôpitaux et les services d’urgence qui ont demandé à pouvoir y accéder. La Cnil vient ainsi d’autoriser l’utilisation du dossier pharmaceutique à titre expérimental par certaines pharmacies d’hôpital afin de coordonner l’usage des médicaments dispensés en milieu hospitalier et ceux prescrits par les médecins libéraux.

Le rôle des pharmaciens dépasse largement la délivrance des médicaments.