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Les trois maux du populisme 2/6


Le mot populisme est utilisé facilement dans le langage courant mais il est plus difficile à définir ! On peut en retenir trois maux : la dénonciation des élites, l'anti-pluralisme et l’antilibéralisme politique.

Sommaire du dossier
- Populisme, un mot et des maux 1/6
- Les trois maux du populisme 2/6
- Les populismes en Europe 3/6
- Populisme ou clientélisme ? 4/6
- Le Pacte du pouvoir de vivre, un antidote au populisme 5/6
- « Le défi populiste est à prendre au sérieux » 6/6

Le populisme, ce mot si facile à utiliser dans le langage commun, mais si difficile à définir ! Selon le Larousse, le populisme est une idéologie politique. Il définit certains mouvements qui se sont développés dans la Russie des années 1870, préconisant une voie spécifique vers le socialisme. Il s’applique aussi à des mouvements de libération nationale visant à libérer les peuples. Il peut également caractériser une tendance artistique ou littéraire qui s’attache à l’expression de la vie et des sentiments des milieux populaires. Wikipédia propose une définition plus courante et désigne le populisme comme l’instrumentalisation du peuple par des partis et des personnalités politiques qui s’en prétendent les porte-parole.

Une étiquette que l’on attribue aux autres

Selon Solenn de Royer dans un dossier du Monde, le terme populisme « véhicule aujourd’hui une connotation “morale” et a un sens à la fois trop large et trop flou ». Dans les débats contemporains, la notion de « populisme » a généralement un sens polémique qui permet de disqualifier d’entrée des courants politiques en les rapprochant a priori de l’extrême droite.

Une définition consensuelle faisant défaut, la prudence est de mise dans l’usage du mot. Comme le note Yan-Werner Müller, dans Qu’est-ce que le populisme ? : « Le populisme est devenu un concept accueillant toutes les composantes idéologiques possibles et imaginables à l’instar de Viktor Orbán et de Pablo Iglesias, c’est-à-dire de “la droite de la droite” et de “la gauche de la gauche”. »

Les trois maux du populisme

La dénonciation des « élites » politiques, économiques, médiatiques, intellectuelles. Ces élites sont stigmatisées parce qu’elles auraient confisqué, trahi le pouvoir et la volonté du peuple.

Cette dénonciation ne manque pas d’audace, lorsque l’on observe que les leaders de ces mouvements, de droite comme de gauche, sont souvent issus de ces mêmes élites. La référence quasi-mystique au peuple manque de contenu. S’agit-il de la représentation de la communauté nationale ou de celle du peuple souverain qui s’exprime lors des consultations électorales dont procède la légitimité du pouvoir politique ou encore de la représentation des seules couches populaires ? Cette référence au peuple est fort imprécise et a essentiellement une fonction incantatoire.

L’anti-pluralisme. Le populisme prétend représenter seul la volonté populaire. Autant dire que, dans une telle configuration, la « société civile » dans sa diversité et les syndicats n’existent pas. L’exemple de populistes au pouvoir, comme en Hongrie et en Pologne, démontre qu’ils font tout pour s’assurer le contrôle du pouvoir judiciaire – avec la remise en cause de l’autonomie des juges –, de la Cour constitutionnelle et des médias.

L’antilibéralisme politique se traduit par l’évocation constante de la légitimité populaire, opposée à la démocratie représentative, et par l’apologie de la démocratie directe. Le recours au référendum, expression simplifiée de la démocratie, est souvent affirmé. Autre trait caractéristique de la mouvance populiste, l’appel constant à l’autorité, à un homme, une femme forte. Ce mythe de « l’homme fort » a pourtant laissé dans l’histoire de tristes souvenirs.

Comme l’exprime Pierre Rosanvallon, notamment dans son dernier ouvrage "Le siècle du populisme" paru en 2020, le populisme, ce symptôme, est « le point de rencontre entre un désenchantement politique, tenant à la mal représentation, aux dysfonctionnements du régime démocratique ainsi qu’un point de jonction de ce désenchantement avec un désarroi social lié à la non-résolution de la question sociale ».
En France, le mouvement des « gilets jaunes » est parfois qualifié de populiste. S’il exprime tout à fait un désarroi social, il se caractérise singulièrement par le rejet de tout leader et le refus de toute forme globale de représentation ouverte à la négociation.

Le populisme, quelles que soient ses références et ses sources d’inspiration, est en rupture avec les objectifs et les valeurs de la CFDT. Il demeure, comme le démontrent les blocages de notre société, que la démocratie a besoin d’être toujours approfondie. Son existence et sa vitalité ne se limitent pas à l’occasion éphémère des consultations électorales. La nécessité d’une société civile dynamique favorisant le vivre ensemble par le dialogue ainsi que le rejet de la peur et de la violence demeurent une préoccupation constante de la CFDT.

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