Presse


Lettre aux médias n° 9 du 11 janvier 2017


Les salaires ou les prix ?

Depuis 2013, les pensions stagnent ! Une seule augmentation de 0,1% est intervenue en 2015 dans un contexte de faible inflation, voire d’absence d’inflation. Ce gel résulte de la règle actuelle : pas d’inflation, pas d’augmentation. Les pensions évoluent comme les prix.

Les retraités ne peuvent se satisfaire d’un mode de revalorisation des pensions, en fonction de l’évolution des prix. Il conduit à un décrochage entre les pensions, (tant pour les retraités actuels que futurs), et les revenus d’activité. L’indexation des retraites sur les prix ne suffit pas pour éviter l’érosion du niveau de vie de retraités, la dégradation des pensions à la liquidation, ou encore la paupérisation des retraités.
Pour la CFDT Retraités, l’indexation des pensions sur les salaires permet d’éviter ces situations car elle permet un développement continu des pensions.

Aucune proposition en ce sens n’émerge aujourd’hui des débats préélectoraux. D’aucuns considèrent qu’il suffirait de redevenir à une indexation des pensions sur les prévisions d’inflation plutôt que sur la hausse des prix constatée au cours des douze derniers mois. Ce n’est pas non plus une solution acceptable ! Ce serait signer le retour à une situation antérieure qui n’est pas plus acceptable.

Par ailleurs beaucoup de candidats potentiels ou d’ores et déjà déclarés de la future campagne présidentielle évoquent des mesures en faveur des petites retraites. Pour la CFDT Retraités, qui n’a eu de cesse de le réclamer, il a urgence. Deux mesures modestes ont été prises en deux ans : en 2015, le versement exceptionnel de 40 euros aux retraités ayant moins de 1 200 euros mensuels. Et le relèvement au 1er janvier prochain, du seuil d’exonération totale ou partielle de CSG. La CFDT Retraités reste en attente de mesures concrètes pérennes et efficaces pour améliorer les basses pensions.

Dominique Fabre, Secrétaire générale de la CFDT Retraités

Indexation des pensions sur les salaires : la pétition en ligne

Alors que le niveau de vie des salariés progresse en moyenne de 1 % par an, celui des retraités ne peut que stagner du fait de son indexation sur l’inflation. Au bout de 20 ans, l’écart de niveau de vie entre les salariés et les retraités atteint 22 %. Selon le Conseil d’orientation des retraites (rapport de juin 2015), pour le cas type du salarié non-cadre du privé à carrière complète, le « taux de remplacement » du salaire par la pension de retraite passerait alors de 75 % pour la génération des années 50, à 65 % pour la génération 1990.
Déjà l’alerte avait déjà été lancée le 20 septembre par la CFDT Retraités en partenariat avec l’UNSA Retraités. Aujourd’hui la CFDT Retraités entend l’amplifier par une pétition en ligne : « Pour garantir et améliorer le niveau de vie des retraités, la CFDT Retraités revendique l’indexation des retraites sur les salaires ». Le lien de la pétition en ligne : www.cfdt-retraités.fr/petition .

Les rendez-vous manqués


Vaine promesse présidentielle sur les complémentaires santé des retraités ?

La généralisation de la complémentaire santé pour les salariés, désormais effective en 2016 fut le résultat de l’accord interprofessionnel du 11 janvier 2013. Dans ce cadre, en juin 2015, au congrès de la Mutualité française, le président de la République avait annoncé son extension aux retraités d’ici à 2017. L’idée était de permettre aux personnes de plus de 65 ans d’accéder à des offres d’assurance complémentaire de santé sélectionnées.
Ces contrats santé seniors étaient censés entrer en vigueur le 1er janvier 2017. Mais le dispositif continue de soulever de vives oppositions au sein des acteurs de la complémentaire santé. Plus encore, la Mutualité française, la Fédération française de l’assurance (FFA), et le Centre technique des institutions de prévoyance (Ctip) demandent la suspension du projet de décret. L’application en janvier était d’entrée compromise. Mais le gouvernement aura du mal à honorer cette promesse, surtout en cette période de fin de mandat présidentiel.

La loi adaptation de la société au vieillissement à la peine
La création des CDCA (Conseils départementaux de la citoyenneté et de l’autonomie) voulus par la loi ASV (Accompagnement de la société au vieillissement) et censés remplacer les Coderpa (comités départementaux des retraités et personnes âgées) est très inégale selon les départements. Doux euphémisme : à notre connaissance, aucun CDCA n’est entièrement constitué début janvier. Les conseils départementaux ne se précipitent pas pour mettre en place des instances beaucoup plus contraignantes pour elles que les Coderpa. L’Association des départements de France (ADF) n’impulsera probablement pas une dynamique sur cette question. Le président de l’ADF se plaint des « fortes contraintes budgétaires, de baisse des dotations de l’État et de hausse globale des allocations individuelles de solidarité, RSA, APA et PCH » pour justifier de ces pratiques.

Apa : du simple au triple selon les départements
La Réunion en tête, les Yvelines en queue de peloton ! Le taux d’attribution de l’APA varie du simple au triple selon les départements. Selon l’Insee, fin 2013, 1,2 million de personnes de 60 ans ou plus perçoivent l’APA. 59 % touchent l’APA à domicile et 41 % l’APA en établissement. Cette étude souligne des écarts importants dans l’attribution de cette prestation (un rapport de 1 à 3 - taux de 13 à 39,5 %) et une corrélation entre taux d’APA et taux de pauvreté. En 2013, les dépenses brutes d’APA s’élèvent à 3,3 milliards d’euros pour l’aide à domicile et à 2,2 milliards d’euros pour l’accueil en établissement. Les dépenses d’APA en établissement augmentent presque deux fois plus rapidement que le nombre de leurs bénéficiaires. Une forte hausse de la dépense moyenne par bénéficiaire. Même si rien n’indique que la situation s’est améliorée depuis !

Votre contact presse : Daniel Druesne CFDT Retraités 49 avenue Simon Bolivar 75950 Paris Cedex 19 - Mobile : 06 87 72 86 04