Presse


Lettre aux médias n°18 du 5 mars 2013


Édito

8 mars : Journée internationale de la femme

A la retraite, la pauvreté se décline au féminin
Ce qui n’est pas fait aujourd’hui dans le monde du travail, pour lutter contre les inégalités d’accès à l’emploi, de rémunération, de carrière, entre les hommes et les femmes, sera, au moment de la retraite, payé au prix fort… par les femmes.
On l’oublie trop souvent, le maintien de la situation actuelle aura des conséquences incalculables demain. Une enquête sur les conditions de vie des retraités aux revenus modestes que la CFDT Retraités a menée le mois dernier montre que les femmes représentent les trois-quarts de la population concernée vivant avec moins de 1000 € mensuels. Les femmes seules avec un revenu moyen de 930€ par mois, inférieur donc au seuil de pauvreté, sont les plus menacées. Leur pension est constituée à moins de 60% de droits acquis en direct, la pension de réversion complétant le tout.
Les femmes ont deux fois plus souvent que les hommes une carrière professionnelle incomplète, principalement en raison de la présence et l’éducation des enfants. Autre conséquence : les femmes sont deux fois plus nombreuses que les hommes à être parties à la retraite après 65 ans. Au quotidien, le « reste à vivre » s’avère très insuffisant. Les dépenses de première nécessité, telles que le logement, l’énergie, la santé, avec le coût du reste à charge et de la complémentaire santé, l’alimentation grèvent 75% des petits budgets.
Ces précarités associées, parfois au grand âge et la perte d’autonomie, sont facteurs d’un risque de basculement définitif dans la misère.
La CFDT Retraités souhaite la mise en œuvre de solidarités plus actives envers les retraitées actuelles à l’heure où de toute part une réforme des retraites s’impose, sauf à continuer de fabriquer d’autres générations de retraitées pauvres, à la seule raison qu’elles sont nées femmes.

Michel Devacht, Secrétaire général de la CFDT Retraités


Protocole d’accord entre l’Association des départements de France (ADF) et les organisations représentatives des retraités et personnes âgées

Les conseils généraux, représentés par l’Assemblée des départements de France (ADF) et les retraités et personnes âgées représentés par les associations et les organisations syndicales membres du Comité national des retraités et personnes âgées (CNRPA) vont signer un protocole d’accord le 10 avril prochain afin de favoriser et de moderniser les Coderpa (Comités départementaux des retraités et personnes âgées, attachés près du président de chaque conseil général).
Aujourd’hui, les Coderpa sont uniquement consultés sur les questions médico-sociales liées à la perte d’autonomie. Certes, le conseil général est le chef de file des politiques gérontologiques. Mais les retraités seraient légitimes à délivrer leurs avis et propositions sur des domaines bien plus larges et qui ont des conséquences sur leur vie quotidienne. Il en va ainsi des transports, et pas seulement du transport dit adapté, du logement, de l’urbanisme, de l’accès à la santé ou à la culture, du sport, de la vie associative etc.
La France va connaître, dans les prochaines décennies, une augmentation très importante de sa population âgée de plus de 60 ans. Et l’essentiel de cette population en forte croissance sera en bonne santé et autonome. Ce document marque donc la volonté commune d’élargir les missions et la composition des Coderpa.

Où est passé le dossier « Perte d’autonomie » ?

Après l’ère Sarkozy qui avait annoncé une grande loi sur la « dépendance », nous sommes passés à l’ère Hollande et nous attendons la réalisation de la promesse présidentielle, annoncée pour fin 2013.
Or, il faut bien en convenir, l’absence de concertation des organisations syndicales dans cette nouvelle période de préparation est inquiétante et pose problème. C’est dans cet objectif que l’intersyndicale des organisations syndicales de retraités a sollicité un rendez-vous auprès de Michèle Delaunay.
De nombreux travaux sont en cours qui devraient préparer dans les semaines qui viennent le futur projet de loi. La CFDT avait en son temps transmis ses propositions pour améliorer la prise en charge à domicile, l’accueil en maison de retraite mais aussi sur les conditions et moyens de financement.
Le chantier sur la perte d’autonomie des personnes âgées est attendu par les Français. Ce sujet reste un enjeu de société important suite au vieillissement de la population. Sur 15 millions de retraités 10% sont touchés par une perte d’autonomie. En 2040, la barrière des deux millions de personnes âgées en perte d’autonomie devrait être dépassée. Un rapport de la Drees pointe que 40% des aidants se disent dépressifs ! Et le président de la République s’est positionné sur un financement reposant à la fois sur la solidarité et sur la responsabilité individuelle.
Pour la CFDT Retraités, il ne faut pas oublier que le vieillissement de la population est aussi synonyme de nouvelles activités : adaptation des logements, création d’emplois non délocalisables. Près de 300 000 emplois devraient être créés pour le maintien à domicile mais aussi en établissements. Dans ce domaine, il reste aussi beaucoup à faire pour valoriser et reconnaître ces métiers.

Votre contact presse : Daniel Druesne - CFDT Retraités 49 avenue Simon Bolivar 75950 Paris Cedex 19 - Mobile : 06 87 72 86 04 - daniel.druesne@retraites.cfdt.fr