Action internationale


Main basse sur les terres


Les entreprises ou les Etats qui, depuis la crise de 2008, rachètent des terres agricoles dans les pays du Sud pour assurer leur propre sécurité alimentaire, développer des cultures énergétiques (agrocarburants) ou destinées à des usages industriels (huile de palme) ont fait naître des inquiétudes.

Selon un rapport du Centre d’analyse stratégique, entre 15 et 20 millions d’hectares, essentiellement situés dans les pays en développement, ont été concernés de 2006 à 2009, soit l’équivalent de la surface agricole utile de la France.

La plus grande opacité règne sur ces transactions. Cet accaparement de terres, souvent les plus fertiles, crée de nouvelles tensions avec les paysans traditionnels pour l’accès à l’eau. Les expropriations risquent également de compromettre la sécurité alimentaire des pays d’accueil. L’essentiel des récoltes est en effet destiné au pays exploitant ces terres ou au marché mondial.

Source : Alternatives économiques, octobre 2010.

A Madagascar, 83 % des femmes travaillent dans l’agriculture. Seules 15 % sont propriétaires des terres qu’elles cultivent. (Photo Electriciens sans frontières)
Cet article fait partie d’une série dont voici le sommaire :
- Où en sont les huit « objectifs du millénaire pour le développement » ?
- Pertes ou gaspillage : le grand gâchis
- Main basse sur les terres
- Pourquoi un bilan mitigé ?
- Questions à Nathalie Péré Marzano, déléguée générale du CRID : « Les solutions existent ! »
- Pour en savoir plus sur les Objectifs du millénaire